mercredi 3 avril 2024

Du 22 février au 11 mars.


Kamouane 2024 K24 ( Laos )


     Après deux expéditions en 2019 et 2023 dans la région de Vang Viang, cette année, destination le Kamouane. Ici le calcaire s’étire sur plus de 150 km de long et 50 de large en un vaste plateau morcelé dont les remparts s’élèvent verticalement sur 500 à 700 mètres.  L’association Explo Laos travaille sur ce secteur depuis 1994.

     Seul membre du SCA cette année, je rejoins une équipe composée de 4 spéléos de Dordogne et deux des Pyrénées Atlantiques. Sept au total, nous arrivons presque à la parité hommes 4 / femmes 3.

Arrivée à Naknon Phanom.

     Arrivée à Nakhon Phanom, en Thaillande, ville frontalière du Laos sur le bord du Mékong, il nous faut traverser le fleuve et la douane pour arriver à Thakhek sa voisine Laotienne sur l’autre rive.

Découverte de la cuisine locale.

     Dernière escale pour faire quelques courses, puisqu' après, c’est 5 heures de route avant d'arriver enfin J+3 à Konglor. 


     Le camp de base 3 étoiles est établi au Spring River chez Vicky et Thomas au bord de la rivière Nam Him Boum. 


Notre camp de base.

Sur la route vers Konglor, ça commence à sentir bon !

     Bien sûr pour pimenter un peu le tout, nous apprenons 48 heures avant notre départ de France que nous n’avons plus les autorisations indispensables pour aller sous terre : le ministre de l’agriculture et de la forêt ayant récemment changé, personne ne veut prendre de décisions. La veille du départ, Alexis nous apprend qu’il ne pourra pas venir avec nous pour raisons familiales. Enfin, arrivé à Nakhon Phanom, pas de bagage pour le chef d’expé Jean Michel. Il sera obligé de rester deux jours de plus en compagnie de Lucie pour enfin récupérer son sac avec tout son matériel spéléo !
     Arrivée à notre camp de base en début d’aprèm, une partie de l’équipe ( bien réduite ) récupère le matos collectif ( il a trempé dans un mètre d’eau pendant la mousson ) et l’autre s’occupe à re-calibrer les trois DistoX qui ont bien souffert du transport ( voyage et proximité des accus dans les bagages à main ) 3 à 5 ° d’erreur alors qu’ils avaient été calibrés juste avant le départ. La boîte de calibration légère fabriquée juste avant le départ s'est avérée bien utile.
     La première journée nous irons visiter la grotte touristique de Konglor explorée une vingtaine d'années auparavant par Jean Michel (qui a fait l’objet d’un projet touristique mené par Tétractis, IFREMIS, KARST et la grotte Chauvet).

     Nous embarquons sur des pirogues à moteur pour effectuer une traversée exceptionnelle sur 7 Km de rivière et sortir enfin de l’autre côté de la montagne dans une autre vallée.


Traversée de Konglor Cave.

     Le lendemain, malgré l’interdiction d’aller sous terre ( la police est au courant que nous sommes sur place ) nous ne pouvons nous empêcher de remonter la rivière en kayak en mode touriste puis le cours d’une résurgence jusqu’à l’entrée de Tham Houay Sang dans laquelle nous rentrons subrepticement où nous effectuons nos premiers hectomètres de première. Il ne faut pas sortir trop tard, car ce soir, bonne nouvelle, le gouverneur et son secrétaire viennent manger avec nous et nous apporter les autorisations tant attendues. Nous aurons avec nous deux guides locaux pour nous accompagner.

     J+5, c’est enfin parti pour l’explo. 

En route vers la première...

... sous le regard perplexe des buffles.

Trois possibilités pour les marches d'approche  : à pied, en kayak ou en pirogue.

     Dix jours durant seront consacrés à l’exploration non stop dans 5 cavités, enfin pas pour tout le monde : le chef Jean Michel se fera une grosse entorse à la cheville le deuxième jour en sortant de sous terre ( après radio en France il s’avère qu’il a une fracture de la malléole ), c’est décidément pas son expé !

Entrée sup de Tham Kadoum Muay.

    La vitesse de la première est proportionnelle à la vitesse à laquelle on fait la topo. Exceptée une rivière, toutes les galeries parcourues se développent dans de gros fossiles dont les dimensions varient entre Orgnac et Saint Marcel. La seule difficulté ici, c’est la chaleur.

Dans Tham Tham.

     Les terminus 2023 étaient des petits obstacles : vires, escalades, soit tout simplement arrêts sur rien faute de temps.

Escalade dans Tham Kadoum Muay.



    Beaucoup de rigueur dans l’équipe, puisque tous les soirs accompagné de l'indispensable et irremplaçable "Beer Lao" nous mettons au propre les topos et comptes rendus journaliers.

    Au final, nous avons topoté 5350 mètres dont 4576 mètres en première.
Il reste de très nombreux objectifs pour K25 : un amont de rivière vierge, des gros puits à descendre, des escalades et surtout deux entrées découvertes toutes les deux fortement ventilées malgré leurs grosses dimensions.
Belles perspectives pour 2025 à moins que pour le SCA, ce soit la Chine !

L'équipe.


Petit florilège de la faune cavernicole.





     Et bien sûr spécial dédicace pour Michel Desroches : la vidéo ( déconseillée aux arachnophobes ).

                       


                                                 Jérôme


lundi 1 avril 2024

 lundi 01 avril🐟

grotte du RAID

Lionel, Michel, Régis, Thierry

Partis pour une pointe au fond qui attend depuis assez longtemps déjà, nous apprécions le parcours arrosé par les crues exceptionnelles de ce mois de mars, notamment dans la salle Solène.

Mais, la rançon à payer est l'arrêt devant un gour quasi siphonnant pour accéder au puits du 08 mai !

Le gour nous a obligé à se mouiller lors de la 1ère ; depuis, une flaque agrémentait le passage. Mais là c'est l'immersion complète qui ne présente aucun intérêt car l'absence de courant d'air signale que la base du puits du 08 mai doit siphonner aussi : c'est un fossile humide...

Retour tranquille, plusieurs coulées se révélant actives sur notre passage.

Petite collation  devant les excentriques, le gour à droite n'avait jamais été vu alimenté.

Michel au sommet de la diaclase du Dragon.

Régis dans le puits Chinois étrangement sec alors que l'on surplombe la rivière de 40 m !

Thierry

mardi 26 mars 2024

Dimanche 24 mars

Abîme Valérie ( St Laurent sous Coiron )

Mariem et Maxime Bouquet ( A.S.Privas )

Benoît D, Adrien ( AD ), Michel F, Lionel, Judi, Anne-Marie, Pat. 

     Pour le congrès AURA qui se déroulera à Lussas fin avril, quelques cavités des alentours seront équipées en fixe. L'abîme Valérie, malgré son réseau terminal étroit et boueux a été choisi pour son joli puits d'entrée et ses formes  de galeries variées. 




     La grosse demi heure de marche d'approche est agrémentée par l'esthétique des paysages  des vallées de l'Eyrolle et de Louyre.

Le R3 d'entrée.
    Dans la cavité, les planches bloquant l'éboulis au sommet du puits étant encore en bon état, l'équipement en double du P30 a pu démarrer rapidement.

Le P30.
     Nous nous retrouvons tous à sa base et on se sépare en deux équipes. L'une part équiper une vire en main courante au dessus du P8 afin d'aller visiter l'amont du "réseau 1972". L'autre va, à l'opposé, vérifier l'état de la corde en place de l'escalade de 15 mètres. Plaquettes, connecteurs et corde sont en bon état : OK, on peut grimper.

     Visite rapide jusqu'à " la Ventouse " pour certains et jusqu'au départ du P15 pour d'autres...


Au dessus de Benoît le départ malcommode de " la Ventouse". 

     Tout le monde se rejoint à la base du grand puits pour se sustenter, puis nous inversons les équipes. Le P8 est équipé ce qui permet d'aller jeter un coup d'oeil sur l'actif de quelques litres seconde qui disparaît dans un méandre impénétrable. On y remarque le début de désobstruction entamée par Courbis en 1972. La reprise du chantier pourrait être envisagée car cet actif semble se situer en aval du second siphon de la " rivière Nutella " plongé par Cédric Clary en 88. Mais il serait auparavant judicieux de vérifier les cotes respectives.


   Entretemps, la corde de l'escalade a été  changée par Judi et, de retour à la base du P30 , tout le monde se lance dans la remontée.

     Une fois dehors au soleil, lavage du matériel dans le ruisseau de Louyre qui coule bien, puis rapatriement vers nos voitures en se disant qu'il ne faudra pas oublier de revenir la semaine prochaine pour baliser l'accès.

                                                                              Pat   

jeudi 21 mars 2024

Lundi 18 mars

Grotte de la Pascaloune ( Saint Montan )

Adrien ( AD ), Benoît, Michel F, Michaël Berge ( Mika ), Judi, Anne-Marie, Pat. 

     En prévision d'un stage qu'il encadrera, Judi a prévu d'aller auparavant vérifier le taux de CO2 de cette "classique" en ce début de printemps. Nous sommes nombreux à avoir répondu à son invitation pour l'accompagner.

     De Vogüé, nous co-voiturons jusqu'au bout de la piste au dessus du ruisseau du Rimouren. Auparavant nous retrouvons Mika venu en Scooter.

    

      Equipement collectif dans le porche d'entrée puis nous entamons la descente en nous étageant et en discutant pour attendre patiemment l'avancée de l'équipement grand luxe des puits dont s'occupe Judi. 




     Seul le très court boyau en bas du P8 désobstrué en 1979 nous oblige à un petit ramping.


      L'équipement se poursuit jusqu'au grand palier intermédiaire du P60 où nous nous posons pour casser la graine. 

     Nous rejoignons ensuite AD et Judi en bas du grand puits qui sera notre terminus pour aujourd'hui. Le taux de CO2 mesuré ne dépasse pas les 1,9 % ce qui est tout à fait supportable. Nous allons juste mettre le bout du nez dans le départ du " réseau glaiseux étroit " encore bien humide après les dernières pluies. Puis nous démarrons la remontée comme des chenilles processionnaires talonnés par AD missionné pour déséquiper.


      Après 4 heures sous terre nous émergeons dans le grand porche d'entrée mais nous ne pourrons pas aller jeter un coup d'oeil à la Perte 86 du Rimouren toute proche car le débit du ruisseau aérien est conséquent formant de profondes vasques difficiles à franchir sans se tremper.





                                                                              Pat

lundi 4 mars 2024

Samedi 2 mars 

Grotte de Rochepierre ( Rosières )

David, Mathys, Sidney, Anne-Marie.

Soutirage N°2 du Pradal ( Sanilhac )

Julo, Michel.

Grotte Ophélie ( Montréal )

Elvic, Lionel, Pat.


     Jolie brochette de grottologues ayant répondu présent à l'invitation de David pour revenir gratter dans le Trias. ( voir CR du 1er juillet 2023 ).

     Les équipes se forment et nous nous répartissons nos missions dans les divers trous.

     David et son équipe partent vers la Grotte de Rochepierre dans le but de retrouver et topographier une galerie qu'il avait repérée dans le secteur de la Coulée Blanche lors de la première en 1988...

     Malheureusement, sur le parcours un petit puits ( descendu en libre à l'époque ), stoppera l'équipe venue sans agrès ni corde. Néanmoins, un peu plus loin en aval, une trémie bien ventilée a été repérée. Il faudra revenir avec le matériel adéquat.

     Pendant ce temps là, Julo et le Foc se rendent au dessus des amonts du Pradal et réussissent, sans GPS et ne connaissant pas les lieux, à retrouver le second soutirage qui avait fait l'objet d'une longue désobstruction en juillet. A deux ils ont bien oeuvré : le banc de calcaire a été partiellement dégagé et la cote - 2 est désormais atteinte ! Il faudra revenir en force.

Photo Julo.
      Le dernier groupe se dirige lui vers la Grotte Ophélie après avoir un peu tourné en rond et visité, grâce au GPS de Lionel, les recoins paumés de l'Ardèche pittoresque avant de trouver le bon chemin d'accès...

    Notre premier objectif est de régler son compte au gros bloc inquiétant au bas du ressaut d'entrée. 

        La première tentative s'avèrera totalement inefficace... Le second essai ne permettra d'enlever qu'un petit morceau mais il faudra s'en contenter car nous avons vidé rapidement nos 4 accus. Le passage est dorénavant un peu moins difficile et sécurisé. Et ce n'est qu'en fin de matinée après qu'Elvic soit parti que nous pouvons pénétrer dans la grotte. 

     Les dernières pluies ont copieusement mouillé le trou et surtout l'argile devenue bien collante. Lionel me sert de guide et nous visitons la plupart des recoins de la cavité. Dans la Salle du Carnage, nous retrouvons le départ peu engageant mentionné par Jérôme et le laissons sans insister. Nous nous dirigeons ensuite vers la galerie active que nous remontons jusqu'à l'escalade repérée précédemment. Elle nécessitera sans doute l'usage du mât car il est impossible de planter quoi que se soit dans les parois marneuses surplombantes. 

Au pied de l'escalade où l'on aperçoit un départ de galerie.

     Les galeries de ce secteur sont plus agréables et de nombreux " choux fleurs " blancs tapissent le niveau inférieur. 

Dans la galerie active.


    Vers le fond, nous allons jeter un coup d'oeil à la trémie de + 6 qui semble bien soudée. 

     Mais le point le plus intéressant se situe à l'extrémité sud qui est fermée par deux trémies d'un mélange de blocs de grès et de marnes. Pour accéder à la première, il faut passer sous un gros bloc calcaire menaçant qui avait bougé lors de la visite précédente. 

Au dessus de Lionel le bloc suspendu...

     Il serait nécessaire de le mettre à terre car il ne repose en équilibre que sur deux petites arêtes et malheureusement il est juste au dessus d'un départ ventilé prometteur...

Sous le bloc le méandre étroit d'où sort le courant d'air.

     La seconde trémie se situe en haut d'un éboulis raide et l'on note la présence de nombreuses racines. 

     Mais là encore deux gros blocs en équilibre précaire menacent de boucher la sortie s'ils décidaient tout d'un coup de débarouler plus bas. Pour se consoler nous repérons un petit départ au ras du sol qui serait passable en dégageant la terre mais il nous manque une petite pelle aujourd'hui. 

Le petit départ à agrandir... derrière c'est bas mais plus grand.

     Sur le chemin du retour, j'inspecte l'amont de l'actif principal qui sourd d'une trémie et m'aperçois qu'on pourrait peut-être passer en dégageant les blocs sur le côté.

     Et c'est parti pour une longue et fastidieuse séance de désob à la main où Lionel, allongé dans l'eau, me fait passer un mélange de boue liquide et de graviers pour agrandir le passage. Intrépide, il arrive à forcer l'étroiture pour se faufiler dans une niche sans suite où l'actif sort d'un inter-strate centimétrique. 

     Nous ressortons bien sales et trempés mais dix mètres plus loin rebelote : je repère un autre actif qui sort d'un boyau étroit. Après une rapide désob, Lionel, infatigable, s'y engage et parvient à repérer la suite, impénétrable, d'où provient ce petit affluent. 

     Il ne fait pas très chaud et nous repartons sans traîner vers l'aval en suivant la rivière jusqu'au départ du fameux Méandre Houdini. Malgré notre enduction glacée de boue liquide, je convainc Lionel de tout de même essayer de faire un bout de topo de ce récalcitrant méandre.

     Et c'est reparti pour une nouvelle séance de contorsions en passant d'étroiture en étroiture... Il nous faudra 3/4 d'heure pour lever seulement une cinquantaine de mètres en déclarant forfait devant le début des passages affreux que seul Lionel avait réussi à franchir la dernière fois; il avait encore progressé avec difficulté d'une centaine de mètres en s'arrêtant sur " ras le bol ".

Ca y est la séance topo est terminée, le sourire revient...

     Nous ressortons un peu rincés, accueillis par la troupe de David venue à notre rencontre, persuadés que la cavité ne deviendra pas une classique.

Photo Sidney.
                                                                                                                                                                     Pat