vendredi 27 mars 2026

vendredi 13 & jeudi 26 mars

aven du DAHUT (RB 41)

Lionel, Michel F., Pat, Thierry

 Le puits du Torrent dans l'aven du Dahut nous pose bien des problèmes car l'étroitesse du puits a provoqué un amoncellement de blocs créant un palier au fond d'un redan très exigu, au bas duquel les remblais ne sont pas accessibles ; pour corser le tout un taux de Co2 capricieux qui peut s'avérer plus que dangereux (rappel : 4 % l'été dernier à 5 m de l'entrée) même si ce niveau ne semble être produit que lorsque la rivière ne coule plus et qu'une partie du réseau sous-jacent se désamorce (?).

Pat a confectionné un système astucieux de caméra go-pro doublée d'une lampe, le tout fixé dans une bouteille plastique qu'il compte introduire grâce à des cannes de ramonage dans le seul espace laissé vacant dans l'éboulis pour voir l'ampleur du bouchon. 

La Gopro et la lampe Stoots protégées par une bouteille plastique le tout fixé au bout des canes de ramonage ( possibilité théorique de descendre de 14 m si on ne rencontre pas d'obstacle )

Le vendredi 13 avec Michel et Thierry un premier essai s'avère plutôt réussi mais révèle que le bouchon est plus que coriace! La difficulté dans ce type d'opération vient aussi du fait de l'absence d'échelle...

Capture d'écran de la première vidéo où l'on voit l'entassement des blocs sur plus de 3 mètres. Largeur estimée 15 cm...

Retour jeudi 26 avec Lionel et Thierry, Pat ayant plus incliné la caméra et conçu un autre système ingénieux permettant de fixer un goujon au bout d'une tige munie d'un anneau pour perforer et harponner un bloc et ensuite le ressortir par le haut ! But recherché : vidanger une partie du bouchon par le haut.


L'extrémité de la tige filetée d'1 mètre avec l'entretoise dans laquelle est vissé le goujon.

A l'autre bout l'anneau soudé permettant de frapper le goujon à distance et de soulever le bloc inaccessible dans lequel le goujon a été enfoncé ( de fait il se bloque suffisamment dans le trou sans qu'il soit besoin de visser. )

Désormais, nous utilisons l'entrée supérieure plus pratique et moins sale.

L'été , au bas de ce ressaut, l'air est déjà saturé de Co2 !

Le départ de la main courante de 80 m.


Le surcreusement profond au fond duquel il ne vaut mieux pas glisser !

Préparation minutieuse avant d'aborder le puits du Torrent. Le plafond est un bloc miraculeusement bloqué (enfin, on espère...)supportant une trémie qui aurait pu boucher la suite.
L'accès au puits du Torrent.


A nos pieds le départ de l'étroite goulotte verticale.

L'essai caméra fonctionne à merveille mais le palier qui nous bloquait déjà l'autre fois n'est pas franchi.
Lionel se positionne au palier élargi, Pat descendant le dernier ressaut très étroit.

La goulotte vue d'en bas ( bloqueur de pied conseillé pour la remontée... )

Le bouchon de blocs coincés sur lequel on atterrit en bas de la goulotte et le pincement de la suite vers le puits. L'endroit est étroit et il n'y a pas la place pour s'agenouiller afin d'attraper les déblais.

Le taux à l'arrivée grimpe à 2 % (l'alarme se déclenchant) puis chute inexplicablement comme l'autre fois ; le puits souffle mais le mistral doit perturber la circulation d'air.
Le palier bloquant la descente de la caméra 6 mètres environ sous le bouchon ; on remarque des déblais de désobstruction.
La suite du puits se jetant dans la rivière pour l'instant inaccessible : crispant !

Devant Lionel le bloc perforé par notre ingénieur en chef : là aussi ça marche mais il faudra remonter le ressaut à chaque fois !
De toute façon, l'élargissement de la dernière portion s'impose ! La pose d'un plancher évitera aux blocs de se coincer en bas mais l'opération risque d'être longue, déjà trop tardive dans la saison.
Retour sans incident sous des giboulées de mars glaciales.
Thierry (photos caméra Pat)

dimanche 22 mars 2026

mardi 17, samedi 21 mars 

aven du Pilier esseulé

Thierry

Petite prospection sur le plateau de Chauzon pour parfaire l'investigation de la zone ciblée. Mes performances restent limitées du fait d'un mal de dos récurrent mais l'enjeu demeure modeste. Après la descente d'un trou sans intérêt en fond de doline, où j'égare mon sécateur,  j'évolue dans un lapiaz vigoureux.

Je parviens au bord d'une ancienne bâtisse utilisant le lapiaz environnant comme parties de mur ; au milieu de la ruine, trône ce remarquable pilier, vestige d'une construction imposante !

A proximité, s'ouvre un couloir rocheux au fond duquel un porche m'attend.

Un passage sous des blocs aisé permet d'atteindre une verticale.

La descente s'effectue en oppo sur une dizaine de mètres le long d'un remplissage instable ; le puits, bien ventilé,  se poursuit assez profondément mais nécessitera une corde. Déjà la descente effectuée reste exposée même si un bouchon partiel de blocs, qu'on distingue au fond, devra être purgé. 
Retour le samedi après-midi sous un temps agréable avec tout le bardas nécessaire.

J'équipe au mieux la verticale car le front du remplissage mêle terre et petits et moins petits blocs qui ne demandent qu'à tomber !

Plus bas, le nettoyage du palier percé me demande un certain temps, mais j'ouvre suffisamment le passage pour rendre accessible la suite du puits, aspirant ce jour (température extérieure : 18°c). Il faudra aussi vérifier à la massette la tenue du bloc en face qui supporte tout le poids du palier restant !

Pour descendre la suite, il vaut mieux attendre la présence d'un équipier pour sécuriser le passage car aucun moyen d'éviter la moindre chute de cailloux dans ce goulet !

Une coulée active venant du plafond a transpercé ici l'habituel remplissage obstruant la majorité des cavités du Jurassique à faible profondeur. Contrairement à un phénomène récurrent pour notre équipe ces temps-ci, les déblais balancés plus bas semblent être parvenus à la base du puits...en espérant qu'ils ne bouchent pas une suite plus loin ! A suivre...
Au retour, bref passage vers la doline prospectée mardi dernier où je retrouve mon ségateur malencontreusement accroché dans une branche !

Thierry



vendredi 27 février 2026

jeudi 26 février

avens C.C.2 & Nils

Anne-Marie, Michel F., Pat, Régis, Thierry

Cet après-midi, nous allons tenter (enfin Pat !) de perfectionner le mode topo sur tablette connectée au lasermètre ; les deux trouilloux découverts sur Chauzon se prêteront bien à l'apprentissage des subtilités de ce mode opératoire délicat à opérer dans des cavités étroites voire boueuses (ici, c'est propre).

Préparation des opérateurs sous un timide soleil.
 

Pat se prépare mentalement à l'épreuve qui l'attend, d'autant qu'il ne connaît aucun des deux trous...

L'entrée du C.C.2 s'ouvre dans un couloir rocheux percé de diaclases très étroites parcourues par un courant d'air froid.

Descente et remontée s'effectuent chacun son tour car il reste des blocs peu stabilisés.


Une fouille complémentaire ne révèlera rien de plus malgré le zef important qui circule.

Notre topographe, malgré quelques galères d'orientation, maîtrise de mieux en mieux sa technique !

Il est temps de remonter, l'aven Nils nous attend...

Le puits d'entrée est vite descendu, quelle affluence à la base !

Pendant que Pat s'affaire, nouvelle fouille de départs potentiels très limités il faut bien dire !





Pendant ce temps, Anne-Marie s'enfile dans la diaclase aval bien trop resserrée à nos goûts qu'elle franchit "finger in the nose" avant de négocier un ressaut dans le virage final ; arrêt sur un nouveau cran où la remontée paraît aléatoire. De toute façon, le courant d'air file de l'autre côté...
Après un après-midi bien rempli, retour sous la nuit tombante ; reste à Pat à terminer le travail...
Thierry

mercredi 18 février 2026

mercredi 04, mercredi 11, lundi 16, mardi 17 février

avens du C.C. & Nils (Chauzon)

Michel F., Thierry

En ces temps maussades où nos gros objectifs sont des actifs, la période oblige à se rabattre sur la prospection (quand il ne pleut pas trop, gare aux glissades sur lapiaz !) dans le Jurassique et l'exploration de petits trous qui peuvent devenir "grands". Je vais donc repérer un secteur encore absent de mes pérégrinations côté Chauzon, juste équipé pour l'extérieur, avec GPS et appareil photo tellement l'ambiance reste humide. Je me concentre sur les dolines et leur pourtour, pas question de parcourir les dalles de lapiaz...

Après l'investigation infructueuse d'une première doline, la seconde offre un départ alléchant bien ventilé : l'aven du C.C. n°2 (pourtant la température extérieure est presque à l'équilibre).

 
Je me rapproche d'un secteur déjà parcouru et découvre un autre orifice, départ de petit puits (C.I.4) ; je décide de rebrousser chemin pour respecter la cohérence des secteurs.

Au retour, camouflé sous la végétation et défendu par une armée de ronces, je perçois l'entrée d'un autre puits (C.C. n°3) qu'il faudra atteindre en contournant un effondrement.
Retour avec Michel le mercredi suivant où nous amenons une échelle de 10 m qui devrait suffire pour les puits repérés. Premier objectif : le C.C. n°2  où nous descendons un ressaut de 3 m stoppant sur un laminoir impénétrable même si un volume sus-jacent se distingue ; nous fouillons un couloir perpendiculaire et sur le côté, un orifice bien ventilé laisse deviner un puits au volume conséquent. Malheureusement l'entrée se révèle trop exigue pour passer malgré une tentative à la massette. Second objectif : le C.I.4 qui ne révèlera qu'un P7 suivi d'un bref passage allongé où la suite n'est guère attirante et de toute façon trop étroite. Quant à l'aven du C.C. n°3, pas moyen de fixer une échelle sans spiter...
Au retour, dans une doline peu marquée, planqué sur un côté, s'ouvre l'aven Nils au départ vertical et alléchant.
Le lundi 16, branle-bas de combat avec de quoi équiper l'aven Nils et le C.C. n°3.
Un ressaut suivi d'un P10 aboutit dans une haute diaclase amont/aval.
La morphologie habituelle des diaclases du Jurassique.

On en profite pour tester ma corde neuve de 8.5 mm.

Les beaux chenaux de voûte du Jurassique...

Un passage en hauteur shunte le remplissage.

Un plancher de terre calcitée empêche d'aller plus loin ; il sera vite éliminé.

Un passage ponctuel trop étroit juste derrière laisse entrevoir un élargissement notable, le zef est bien présent.

Il faudra revenir avec des moyens adéquats...

L'autre côté offre une diaclase réservée aux très fins, un virage empêchant de voir la suite.
Départ ensuite pour équiper l'aven du C.C. n°3.
Le puits est vite équipé...

Nous descendons avec prudence car des blocs coincés n'inspirent guère confiance au départ. Un ressaut étroit descendable sans agrès suit.

Le franchissement d'une coulée amène à une cheminée impénétrable mais un passage perpendiculaire semble se poursuivre.

Un double virage à 90° mène à une suite impénétrable avec un petit entonnoir d'absorption.
Le mardi 17, décision est prise de s'occuper de l'aven du C.C. n°2. Après l'élargissement de l'entrée, le passage est praticable.
Si le 1er jet est malcommode, la suite est ample et très esthétique.


Les strates bien marquées alternent des bancs calcaires bien durs avec des joints marneux épais : pas étonnant que beaucoup de cavités soient peu profondes.

La grande diaclase voit plusieurs coulées encore suintantes se jeter dedans mais seul un micro-aval semble être l'exutoire !

Une escalade ne donnera rien de probant.

Une 1ère courte mais bien jolie qui méritera une topographie...
Il reste à s'occuper de la suite de l'aven Nils en sachant que la prospection a été homéopathique ; il reste à faire tout autour: pourquoi pas un Dahut sur Chauzon ?
Thierry