mercredi 18 février 2026

mercredi 04, mercredi 11, lundi 16, mardi 17 février

avens du C.C. & Nils (Chauzon)

Michel F., Thierry

En ces temps maussades où nos gros objectifs sont des actifs, la période oblige à se rabattre sur la prospection (quand il ne pleut pas trop, gare aux glissades sur lapiaz !) dans le Jurassique et l'exploration de petits trous qui peuvent devenir "grands". Je vais donc repérer un secteur encore absent de mes pérégrinations côté Chauzon, juste équipé pour l'extérieur, avec GPS et appareil photo tellement l'ambiance reste humide. Je me concentre sur les dolines et leur pourtour, pas question de parcourir les dalles de lapiaz...

Après l'investigation infructueuse d'une première doline, la seconde offre un départ alléchant bien ventilé : l'aven du C.C. n°2 (pourtant la température extérieure est presque à l'équilibre).

 
Je me rapproche d'un secteur déjà parcouru et découvre un autre orifice, départ de petit puits (C.I.4) ; je décide de rebrousser chemin pour respecter la cohérence des secteurs.

Au retour, camouflé sous la végétation et défendu par une armée de ronces, je perçois l'entrée d'un autre puits (C.C. n°3) qu'il faudra atteindre en contournant un effondrement.
Retour avec Michel le mercredi suivant où nous amenons une échelle de 10 m qui devrait suffire pour les puits repérés. Premier objectif : le C.C. n°2  où nous descendons un ressaut de 3 m stoppant sur un laminoir impénétrable même si un volume sus-jacent se distingue ; nous fouillons un couloir perpendiculaire et sur le côté, un orifice bien ventilé laisse deviner un puits au volume conséquent. Malheureusement l'entrée se révèle trop exigue pour passer malgré une tentative à la massette. Second objectif : le C.I.4 qui ne révèlera qu'un P7 suivi d'un bref passage allongé où la suite n'est guère attirante et de toute façon trop étroite. Quant à l'aven du C.C. n°3, pas moyen de fixer une échelle sans spiter...
Au retour, dans une doline peu marquée, planqué sur un côté, s'ouvre l'aven Nils au départ vertical et alléchant.
Le lundi 16, branle-bas de combat avec de quoi équiper l'aven Nils et le C.C. n°3.
Un ressaut suivi d'un P10 aboutit dans une haute diaclase amont/aval.
La morphologie habituelle des diaclases du Jurassique.

On en profite pour tester ma corde neuve de 8.5 mm.

Les beaux chenaux de voûte du Jurassique...

Un passage en hauteur shunte le remplissage.

Un plancher de terre calcitée empêche d'aller plus loin ; il sera vite éliminé.

Un passage ponctuel trop étroit juste derrière laisse entrevoir un élargissement notable, le zef est bien présent.

Il faudra revenir avec des moyens adéquats...

L'autre côté offre une diaclase réservée aux très fins, un virage empêchant de voir la suite.
Départ ensuite pour équiper l'aven du C.C. n°3.
Le puits est vite équipé...

Nous descendons avec prudence car des blocs coincés n'inspirent guère confiance au départ. Un ressaut étroit descendable sans agrès suit.

Le franchissement d'une coulée amène à une cheminée impénétrable mais un passage perpendiculaire semble se poursuivre.

Un double virage à 90° mène à une suite impénétrable avec un petit entonnoir d'absorption.
Le mardi 17, décision est prise de s'occuper de l'aven du C.C. n°2. Après l'élargissement de l'entrée, le passage est praticable.
Si le 1er jet est malcommode, la suite est ample et très esthétique.


Les strates bien marquées alternent des bancs calcaires bien durs avec des joints marneux épais : pas étonnant que beaucoup de cavités soient peu profondes.

La grande diaclase voit plusieurs coulées encore suintantes se jeter dedans mais seul un micro-aval semble être l'exutoire !

Une escalade ne donnera rien de probant.

Une 1ère courte mais bien jolie qui méritera une topographie...
Il reste à s'occuper de la suite de l'aven Nils en sachant que la prospection a été homéopathique ; il reste à faire tout autour: pourquoi pas un Dahut sur Chauzon ?
Thierry

dimanche 21 décembre 2025

samedi 20 décembre

aven du Dahut & RB 14

Michel F., Thierry

En ces temps de crue, décision est prise lors de l'accalmie de cet après-midi d'aller tester le taux de Co2 de l'aven du Dahut qui nous donne tant de fil à retordre et "d'observer" la réponse aux précipitations de la rivière tant convoitée.

1ère constatation : ça s'infiltre de partout ! Rien d'étonnant sous un vigoureux lapiaz et après ce qu'il est tombé cette nuit...

Nous bénissons une fois de plus les marches "made in Lionel" qui rendent plus facile la progression, surtout avec des parois imbibées.

Sans kit, les 80 m de main courante au plafond sont vite avalés mais curieux...pas de bruit hors les piscoulis issus de coulées alors que le bruit de l'actif devrait se faire entendre depuis longtemps !

Arrivé au départ de la main courante du puits du Torrent, un bruit sourd se fait entendre mais bien moins prononcé qu'attendu !



Nous jetons une volée de pierres dans le puits mais avec notre adresse habituelle, une paire seulement arrive à destination ; pour notre défense, des déblais de désob doivent obstruer partiellement la partie étroite. En tout cas, pas de doute ! Le "plouf" entendu prouve une mise en charge sous nos pieds, la cascade perçue devant être sous l'eau.
Le taux de Co2 a bien baissé (0.8 %)...jusqu'à quand ? En descendant le détecteur, le bouchon s'échappe et fait tout seul la 1ère : il faudra remédier à ce défaut ! Pour poursuivre les travaux, il faut que ça sèche : une arrivée d'eau arrose malicieusement la verticale !
En blanc, la zone de désobstruction ; des bruits bizarres en bas doivent être des roulements de cailloux ?
Nous avons donc un réponse à ce que l'on pressentait : une mise en charge mais jusqu'où ? La diaclase des Marches offre une présence d'argiles compatibles avec un ennoiement quasi jusqu'au plafond ... contemporain ?
Au retour, nous nous arrêtons au RB 14 car c'est toujours intéressant de parcourir ces pertes majeures en crue ; me penchant au-dessus du puits à élargir pour s'éloigner de la zone dangereuse car instable, j'entends distinctement bien qu'étouffé le bruit sourd d'un actif. Michel lui n'entendra rien ; j'y retourne une seconde fois, pas de doute ça coule au fond ou alors je suis pris d'hallucinations... De toute façon, il faut s'y attaquer vu l'impressionnant courant d'air froid y soufflant.
Retour sous un temps couvert mais toujours sans pluie.
Thierry

jeudi 18 décembre 2025

mercredi 17 décembre

Balme de L'Escargot

Michel F., Thierry

Pour fuir ce temps pluvieux ardéchois, rien de tel qu'un petit bol d'air vertacomicorien et justement je veux aller revoir la salle du Pont d'Avignon à la Balme de l'Escargot dans la forêt de la Loubière. L'accès par Bois Barbu étant clos, la montée se fait par Corrençon sous un beau soleil et une fraîcheur toute relative. Une demi-heure plus tard nous sommes sur site...

Le franchissement du lamnoir de 20 m entièrement désobstrué en 2008 se fait plus aisément grâce à la bâche des paléontologues.



La 1ère galerie reste préservée grâce au balisage mis à l'époque et s'avère toujours plus sympa avec les gours pleins.

Un ruisseau temporaire a provoqué ce vaste soutirage sans issue car il faut regrimper en face pour trouver la suite.

La salle du Séisme contient des dizaines de concrétions brisées et fait suite à une double étroiture élargie en 2008.

L'enchaînement des salles n'est en fait qu'une grande galerie plus ou moins  occupée par d'imposants remplissages sédimentaires lités et d'un concrétionnement important ; à 8 m de profondeur sous les pieds, le plancher n'a pas été atteint !

La lucarne désobstruée découverte plus tard par Christophe, Guillaume et Thierry est le sésame nécessaire pour parvenir à la salle recherchée.

Un petit puits à équiper aboutit au balcon débouchant dans la salle.

La salle s'avère particulièrement boueuse avec des argiles grises et vertes et au sol jonchée de blocs instables ; une reprise plus récente du concrétionnement s'observe.

Michel tente comme nous le point bas mais la tenue aléatoire de l'ensemble le fait sagement renoncer... 


Le long de la faille ayant créé ces volumes d'effondrement sus-jacents, un passage latéral existe mais malgré un courant d'air, difficile de déterminer une suite potentielle ou alors c'est trop exposé !

Remontée tranquille du puits ; ici au moins le Co2 n'a pas droit de cité !

Petite visite ensuie de la grande salle où, en crue de fonte de neige brutale, une cataracte disparaît dans la trémie sans rejoindre le réseau actif exploré jusqu'à 67 m de profondeur, siège d'une méga-désob hélas interrompue...

La propreté de la trémie contraste avec l'important remplissage daté surmonté d'un plancher suspendu.

Retour à la civilisation avec une pause bien méritée.
Véritable livre ouvert sur l'histoire géomorphologique du Vercors, la Balme de l'Escargot nous a convaincu de poursuivre les prospections dans le secteur où, pour l'instant, plus d'une centaine de cavités ont été inventoriées avec l'espoir d'une nouvelle découverte marquante.
Thierry

mercredi 3 décembre 2025

mercredi 03 décembre

aven du RV1

Michel F., Thierry

Petit tour pour voir la crue dans une cavité dont nous reprenons le chantier interrompu en 1998 !


 
Difficile de s'allonger pour désober dans ces conditions !

L'amont à dégager siphonne quant à lui.

Une paire d'échelons est installée pour faciliter le travail de remontée des gravats.
Sortie bien humide au bout d'une heure...