mercredi 9 mai 2018

Mardi 8 mai


Grotte du Pont d'Arc de Lablachère
Perte du Grand Couloir n°2

( Thierry, Anne-Marie, Pat )


     Initialement nous devions sortir à l'aven Grotte Nouvelle de Vallon, mais le violent orage de grêle que nous subissons au réveil calme nos ardeurs. En fin de matinée, la météo s'étant apaisée, nous reportons notre sortie sur l'après-midi vers deux cavités découvertes en solitaire par Thierry il y a trois semaines.
     La première doit son nom de baptême à une voûte en linteau sous laquelle il faut passer pour accéder à l'entrée.

Thierry sécurise le passage...


     Cette dernière se prolonge par un méandre incliné qui bute sur un ressaut étroit et calcité. Quelques coups de burins bien appliqués et je peux tenter le passage. Mais le fond qui donne sur un nouveau ressaut est trop étroit et mon grand gabarit m'empêche de me replier pour l'atteindre. Anne-Marie prend le relais, passe allègrement le ressaut et peut s'asseoir pour agrandir le départ à grands coups de massette. Elle nous fait passer un à un les blocs qui obstruent le fond et balance le reste dans le puits. Néanmoins le départ reste étriqué et sa tentative pour forcer le passage avorte... Il faudra revenir avec des moyens plus convaincants. Maintenant il faut remonter le ressaut !
     C'est lisse, étroit et les blocs qui offraient quelques bonnes prises de pieds ne sont plus là... Commence alors un long et fastidieux accouchement. Thierry se sert de mon baudrier pour lui offrir une secourable pédale pendant que je lui attrape les mains pour l'aider à s'extirper. 
     Nous en profitons pour lui prodiguer nos encouragements et nos précieux conseils : " pousse plus fort ! " " tire là dessus " " fait la limande " " frétille des fesses "...

Positionnement un peu spécial pour se glisser dans le ressaut.
A la descente tout va bien... 
     Au bout d'un quart d'heure d'efforts, notre équipière, toute en sueur, est tirée d'affaire. Il est trois heures, nous pouvons regagner le camion et enfin nous restaurer car nous avions oublié de manger à midi.

Petite pause après l'effort.
     Nous repartons vers l'est en direction de la Perte du Grand Couloir n°2 où Thierry s'était arrêté sur un puits. Un bout d'échelle de 5 m et nous voilà en bas d'un éboulis de terre et de brindilles.

Départ du R5.
     Le ressaut est bien délavé par les crues et les débris végétaux qui tapissent les parois attestent d'une mise en charge de plusieurs mètres.

La suite prometteuse mais pas encore vraiment spacieuse.
     Au pied du monticule de terre, s'ouvre un soupirail exhalant un bon courant-d'air. Nous sommes dans la même configuration que celle rencontrée en bas du P12 de St Alban ( Voir CR du 24 mars ). Là aussi nous déblayons la chatière en stockant tant bien que mal nos pelletées de terre dans la pente. Le conduit se poursuit par un boyau triangulaire qui fait un brusque virage à droite. Les pieds en avant, on peut avancer de quelques mètres jusqu'à un second virage à gauche. La forme du boyau ne permet pas d'aller plus loin pour l'instant car le sol est bien rempli par l'argile... Un bon chantier de terrassement se profile pour pouvoir vider l'éboulis de terre et le boyau... Il y aura quelques seaux à tirer... 
     Deux mètres au dessus du fond, un autre boyau incliné tombe sur un grande diaclase parallèle.

L'accès à la grande diaclase parallèle.
  


Le grand couloir.
     Nous remontons celle-ci qui se transforme en un très esthétique canyon rectiligne ( en fait la suite amont du grand couloir par lequel nous sommes arrivés à la perte ).



     Il est percé de deux avens qui débouchent en surface.
A son extrémité, on rejoint une vaste doline au fond plat qui draine un bonne partie des eaux qui se jettent dans la perte et vu les embâcles accrochés à deux mètres de haut dans les arbres, il ne doit par faire bon se trouver là lors d'un épisode Cévenol.
                                          
Au fond, l'un des avens qui perce le canyon.
La fin du grand couloir qui débouche dans la doline.


                                                        Thierry, Anne-Marie, Pat

dimanche 6 mai 2018

Samedi 5 mai


Grotte du Raid  

( Thierry, Pat )


     Nos lombaires se portant un peu mieux, nous décidons d'une incursion dans les extrêmes avals de la grotte afin d'estimer l'ampleur d'un chantier de désobstruction à entreprendre.
     En bas du dernier puits, la grosse laisse d'eau temporaire a déjà disparu... ce qui est étonnant à cette époque de l'année vu ce qu'il a plu dernièrement.
    Après avoir franchi l'escalade de 3 m et le R3 qui lui succède, nous nous retrouvons en oppo au dessus d'un entonnoir colmaté; mais au dessus, une lucarne impénétrable et ventilée, nous renvoie un écho prometteur...
     Derrière, c'est le départ d'un puits... mais le chantier s'annonce difficile car de massives lentilles d'argile ont bien tapissé le méandre qui précède laissant présager de belles séances "d'embouillassement". 

 Pas large certes...

... mais derrière les pierres dégringolent.

     Après avoir laissé en place une partie du matériel nécessaire pour une prochaine séance, nous nous accordons une pause repas et allons voir un autre départ sur le coté du puits.

La base du P12 bien sèche, endroit idéal pour notre pique-nique.

     C'est un minuscule trou dans le sol que la calcite d'un petit gour a presque totalement bouché. En se penchant, on arrive à voir dessous le départ d'un puits qui s'élargit.

     
     Notre espoir est que le concrétionnement se soit déposé sur de l'argile et nous l'attaquons à grands coups de massette-burin.

     Mais peine perdue... la coulée est bien épaisse et oppose trop de résistance face à nos faibles moyens d'aujourd'hui.
     Nous laissons tomber pour nous lancer, trois mètres plus haut sur le côté, dans l'agrandissement d'un boyau que Thierry m'avait montré en décembre 2015 et qu'il avait déjà commencé à élargir.
     L'endroit est exigü et il faut finir de casser les lames du départ pour pouvoir travailler plus confortablement sur l'étroiture finale. En se relayant, nous arrivons à suffisamment agrandir la chatière pour pouvoir y glisser le haut du corps.

Le début du boyau étroit.

 Mais la suite, qui s'élargit ponctuellement, se pince de nouveau et scelle la fin de nos espérances.
     En revenant sur nos pas, un coup de phare au plafond nous permet de découvrir un départ en hauteur d'où semble partir une petite galerie... 

L'escalade à faire qui nous donnera peut-être accès à une galerie supérieure.

     S'engage alors une courte discussion sur les moyens à employer : courte-échelle, artif sur goujons, lancer de grappin ?  Finalement nous convenons qu'il sera plus judicieux de sous traiter la tâche à l'un des bons grimpeurs du club.
     Après six heures sous terre, nous rentrons d'un bon pas pour essayer d'échapper à la nuée de moustiques en embuscade dans le sous bois bordant l'Ibie. 
    Sur le parking, nous voyons que l'entreprise La Forézienne a terminé ses travaux d'élargissement et qu'un autre petit trou à été dégagé dans la falaise ( voir CR du 9 mars ). 


     Avant de se déséquiper une petite escalade s'impose pour aller y jeter un oeil. Mais à l'instar de son proche voisin, le fond est totalement bouché par les pierres à - 2 m.



                                                                         Thierry & Pat

     

samedi 28 avril 2018

Mardi 24 avril 


Aven du Godet ( Lavilledieu )

( Judi, Anne-Marie, Pat )

     Visite surprise hier de Judi à la maison qui nous signale qu'il vient d'explorer une petite cavité sur la ZA de Lavilledieu. Il a été averti par l'entreprise Agier chargée de l'agrandissement d'un parking. Comme c'est à deux pas de Lussas, nous nous y rendons en fin de journée pour jeter un coup d'oeil et lever la topo.
     L'énorme godet de la pelle mécanique est encore posé sur l'entrée qu'il a décapitée et il faut se glisser entre ses grosses dents pour pouvoir descendre.

"Club sérieux et dynamique cherche à échanger massette-burin contre matériel plus efficace..."

Une plaquette d'amarrage rassurante...
J'ai l'impression de descendre sur du fil dentaire...

     Un puits de 9 m plein vide nous dépose sur un cône d'éboulis au fond d'une petite salle au plafond concrétionné.

Le P9.
  
     Les orages récents ont bien humidifié la cavité et un petit pissoulet en provenance d'une lucarne vient éclabousser le coin de la salle.



On aperçoit au centre la petite lucarne d'où provient un petit filet d'eau.

     Un coup de phare permet de deviner un départ à mi- hauteur auquel on peut accéder par une vire boueuse. Malheureusement la petite salle concrétionnée que l'on atteint est, elle aussi, bouchée de tous côtés.




    Malgré notre demande, difficile de savoir si la cavité sera irrémédiablement rebouchée ou conservera, à terme, une entrée accessible. 

                                                                     Anne-Marie & Pat
     

mardi 24 avril 2018


Dimanche 22 avril


Perte du Sacré coeur 

( Thierry, Anne-Marie, Pat )

     Mardi dernier, un appétissant mail de Thierry me fait part de ses dernières trouvailles sur le plateau de St Alban :

     " En parcourant le fond de la combe, je repère un petit thalweg, témoin de crue marquée qui vient buter sur une petite falaise ; une partie paraît même être bâtie pour drainage... Pourtant au niveau de la fin de ce petit thalweg, pas la moindre fissure pénétrable ! J'entreprends aussitôt une investigation plus poussée et trouve une sympathique entrée cachée un peu plus loin.       Un R4 bien glissant donne dans une 1ère diaclase bouchée au bout de 10 m, mais en revenant sous le ressaut un départ latéral me mène au coeur de la perte dans une belle diaclase où les remplissages et les marques de crue ne laissent aucun doute quant au caractère actif du trou ! Bilan : 70 m parcourus, arrêt sur une double étroiture à l'aval qui laisse voir du volume et entendre une sympathique résonnance avec en plus du zef aspirant. Si la 1ère a été vite désobée, la seconde s'avère plus récalcitrante car on ne peut taper avec un burin. J'y reviens demain ! "

   Le lendemain nouveau mail :

Bon j'ai réussi à franchir cette ... d'étroiture mais 1,5 m plus loin une grosse colonne barre le passage !!!  Je vois derrière sur 10 m ( 0,8 x 4 ) avec le zef et une ... de résonance ! "

     C'est donc bien motivé mais les vertèbres encore un peu grippées que je le rejoins ce week-end sur l'habituel parking de Vogué. Anne-Marie décide de nous accompagner juste pour la matinée ( la suite lui fit rapidement changer d'avis... )



Au pied du R4 le départ de la diaclase des Bienheureux.

Notez les traces de mise en charge.



Le bas de la diaclase.


Le début des boyaux 


On progresse dans des conduits dont le remplissage forme de petites montagnes russes. 






     Le ressaut de 4 m, la diaclase et les boyaux franchis, nous nous retrouvons à pied d'oeuvre devant cette coulée de calcite qui obstrue le boyau. Derrière, on entrevoit effectivement un méandre qui résonne bien. Après une première intervention, le coeur de la colonne est toujours en place : un sacré coeur ! Il nous faudra encore longuement manier massette et burin pour réussir à ouvrir totalement le passage. Même élargi ce dernier se révèle assez sélectif. Le méandre qui suit est assez haut et bien rasqueux, mais ça continue et le courant d'air est bien présent.















Dans le Méandre des Pénitents.
      Pendant que Thierry continue d'élargir l'étroiture, nous nous engageons dans ce méandre rectiligne, cassant ça et là quelques protubérances pour pouvoir avancer... Après la diaclase des Bienheureux, ce sera le méandre des Pénitents... Nous butons au bout de 25 m sur une grosse coulée qui bouche la totalité du conduit sauf tout en haut où un trou gros comme le poing laisse deviner la suite. Mais en s'allongeant au raz du sol nous découvrons sous la coulée une chatière dans la boue. Je m'y engage sans grand espoir en forçant et soupirant comme un boeuf et réussis, à ma grande surprise, à passer de l'autre côté...


Passage du Soupir-Aïe ( chatière sélective... )

     Derrière, nous retrouvons le méandre qui stoppe dix mètres plus loin sur un petit ressaut dont le départ est malencontreusement bouché par une grosse colonne. Sans burin, je vais avoir du mal à la déchausser. Bien refroidis par le courant d'air, décision est prise de remonter en surface pour se restaurer, se réchauffer au soleil et revenir mieux armés. Au retour, pendant qu'Anne-Marie finit de fouiller un amont, nous explorons un second amont qui se révélera être un aval ! Arrêt sur étroiture ponctuelle à élargir avec fort courant d'air là aussi ...


La colonne avant l'assaut.
     Pour l'après-midi nous nous séparons : Thierry effectue en solo la topo de la zone d'entrée jusqu'à la première étroiture et finit d'explorer un petit sup. sans continuation pendant que je file avec Anne-Marie régler le compte de notre colonne. Une fois le haut séparé de la paroi, j'arrive à la faire basculer vers moi mais le bas enterré par les sédiments est vraiment plus gros que prévu et une fois à plat elle bouche tout le puits et est bien trop lourde pour être déplacée...


La bête est à terre mais qu'est-ce qu'on en fait maintenant ?

     Finalement on réussit, à grands coups de massette, à la briser en deux et à en repousser la moitié avec les pieds dans le méandre où elle se coince...  En dégageant les sédiments nous aurons juste la place pour descendre et nous faufiler dessous.
     On se retrouve à quatre pattes dans un boyau toujours aussi fraîchement ventilé dont l'extrémité est encore une fois rétrécie par la calcite. Nouvelle séance de martelage et je passe de justesse pour me retrouver les pieds dans le vide au dessus d'un méandre étroit, profond de 7 m. 



La lucarne à la fin du boyau qui débouche directement sur le méandre.
    Sans corde impossible d'aller jeter un oeil au fond d'autant que par endroit les parois sont bien resserrées. Un coup de phare vers le bas laisse entrevoir un amont impénétrable; par contre on devine vers l'aval un départ plus prometteur...


L'aval du méandre terminal en bas duquel on entrevoit une suite possible ...
  
   Nous faisons demi-tour en levant la topo jusqu'au dernier point aval de Thierry. Les relevés cumulés donnent un développement ( durement acquis ) de 146 m mais pour l'instant le fond est exclusivement réservé aux profils de limande...

                                                                                              Thierry & Pat 

lundi 16 avril 2018


Dimanche 15 avril 


Grotte des Deux Avens ( Vallon Pont d'Arc )

Participants :

 Arnaud Judi, Zoélie et Tao, Helck Rémy et Elisa, Suau Carine et Vermorel Hélios ( Bidon ), Marcon Stéphane ( Vallon ), Gérault Pierre et Ellaïs ( Orgnac).


     Après la sortie du 25 février organisée à la Grotte de St Marcel, nous proposons aux plus jeunes spéléos du département, la visite de la Grotte des 2 Avens de Vallon Pont d’Arc. Le RDV est donné à 10h30 ( on est quand même en vacances ) sous un soleil radieux que nous apprécions tous après plusieurs journées de pluie.


 Une fois l’entrée atteinte, nous nous équipons pour descendre le P10 ( en autonomie pour tout le monde ).



      En bas, la troupe traverse « religieusement » la galerie où quelques chauves-souris sont encore en hivernage pour rejoindre le terminus de celle-ci afin de se restaurer. Pendant ce temps Judi déséquipe le puits d’entrée et équipe le P19 pour la remontée. Une fois le pique-nique avalé, et avec le plein d’énergie ( de vraies piles électriques ces jeunes ) s'en suit un parcours d’étroitures où même Rémy s’essayera avec succès.




     Le retour à la base du P19 n’est qu’une formalité. Quelques rapides explications à la base du puits, mais les jeunes sont pressés d’en découdre avec cette verticale ( à moins que ce ne soit l'attrait du soleil à l’extérieur ). Tous remontent le P19 plein vide aux bloqueurs sans rechigner.



     Et voilà une bien belle journée de spéléo…