mercredi 11 septembre 2019

Samedi 7 septembre


Abime de Bramabiau ( Camprieu )

( Anne-Marie, Pat )

     Ayant fait le déplacement pour le rassemblement Caussenard dans le Gard, nous occupons notre matinée à cette mythique traversée dont Anne-Marie rêvait depuis quarante ans. Nous partons seuls car Christophe et Flo ne sont pas encore arrivés.
     Enfin nous ne sommes pas si seuls que ça car un groupe d'une dizaine de spéléos nous emboîte le pas.


Le tunnel d'entrée, au fond "le Balset".

     Arrivés à l'entrée de la perte, nous constatons que le ruisseau aérien ( le Bonheur ) est à sec, signe que nous n'aurons pas trop d'eau dans le trou.


Le départ vers la rivière.

     Passé le tunnel et l'aven du Balset, les premières oppos commencent. 





     Très vite nous entendons le bruit de la rivière et rencontrons les premières vasques où il faut s'immerger.





    La suite est un haut canyon où coule la rivière. De longues et profondes piscines où il faut nager sont entrecoupées de petites cascades aisément franchissables. 



Nager ou s'accrocher au maigres aspérités de la paroi pour flotter...
     Nos néoprènes sont les bienvenues car nous sommes à 1000 m d'altitude et l'eau est plus fraîche que par chez nous.



     Au 2/3 du parcours, nous bénéficions de l'éclairage de la partie aménagée. J'en profite pour faire quelques photos mais je m'aperçois que mon appareil étanche a pris l'eau et refuse de coopérer davantage.
     Après une bonne heure passée à patauger, nous apercevons la lumière du jour; une dernière cascade et nous sommes dehors.



     En remontant le chemin qui serpente dans la forêt, nous croisons un groupe de touristes assis sur un banc au soleil. Ils attendaient sagement le guide qui somnolait dans sa cagna.
    L'après midi nous allons à l'église... ( faire de la spéléo en fauteuil ), car c'est là qu'ont lieu les projections.
     De retour au bercail je retrouve ma fiche sur Bramabiau rédigée lors de ma première visite. C'était en 1978, nous avions fait la traversée en grosse crue, il y a 41 ans...

                                                                                                       Pat                                                                                                                         

mardi 10 septembre 2019

 Mercredi 4 septembre


Trou du Bonheur ( Chauzon )

( Thierry, Pat )

     En juin dernier, nous avions consacré 5 heures à déblayer l'éboulis qui fermait l'accès de la cavité. Une quarantaine de gamates tirées d'en haut nous avait permis d'extraire un bon volume de galets du long boyau incliné à 50°. En bas, l'étroiture avait été franchie sans être enterré vivant; mais nous en étions restés là pour cette sortie.


Le haut du toboggan, encore relativement confortable...



Plus bas, ça commence à se rétrécir...

    Aujourd'hui, nous avons décidé, avant de visiter la suite, de tirer encore quelques gamates pour rendre le passage moins oppressant. Malheureusement notre récipient n'est pas au rendez-vous car nous avons oublié que nous l'avions remporté la dernière fois... Ca commence bien !


C'est parti pour la planche à roulettes...
     Je passe le premier et franchis doucement sur le dos l'étroiture en essayant de ne pas trop faire glisser ces galets qui roulent comme des billes. C'est pas rassurant mais ça passe. C'est le tour de Thierry... petit moment d'hésitation car c'est étroit et une vilaine pierre bloque le passage de sa carrure d'athlète. Pendant qu'il s'attaque seul à agrandir le passage, je pars en reconnaissance vers l'amont.
    Du sommet d'une escalade où je fais une pose pour reprendre mon souffle car il y a du CO2, j'entends les bramements de mon compère qui a réussi à enlever sa pierre et a enfin réussi à passer.
     La suite de la cavité est assez boueuse et les traces de mise en charge omniprésentes. 



     Bizarrement le courant-d'air est faible aujourd'hui pour une journée aussi chaude. Au sommet d'une galerie concrétionnée, nous butons sur une étroiture carabinée qui stoppe notre élan. En redescendant, nous trouvons le départ de la seconde branche sensée shunter ce délicat passage. L'accès est un toboggan de glaise qui surplombe le départ d'un puits. Grâce à notre petite pelle pliante, nous creusons de grosses marches qui empêchent la glissade.


L'entonnoir piégeux surplombant le puits.

Bien pratique notre escalier pour éviter de glisser en bas dans le cul-de-basse-fosse.
     En haut, c'est un étroit boyau glaiseux qui nous attend.



    Il débouche sur une salle déclive où vient mourir une longue coulée claire qu'il faut remonter. Nous taillons de nouveau des marches sur le côté pour ne pas salir.



    Au sommet c'est la consternation car c'est tout bouché. En fait, en regardant  plus attentivement la topo, des pointillés montrent que la jonction n'a jamais été réalisée... 




     La salle terminale à escalader n'est en fait accessible que par l'autre branche et sa rébarbative chatière. Demi-tour et direction vers un autre départ. La topo du SCAV indique pour celui ci : "courant d'air et présence de feuilles de chêne..."
     Il y a effectivement moins de CO2 dans ce secteur mais on y accède par un ressaut en cloche de 2 m démarrant par une étroiture très difficile à remonter sans agrès.


La suite est en bas de ce ressaut, mais aucune prise pour remonter...
    Nouvel échec car nous sommes venus sans rien, les mains dans les poches... 
    Au retour, la remontée du toboggan de l'entrée s'effectuera finalement sans soucis mais il aura besoin tout de même d'un bon récurage la prochaine fois.


Plus que 10 m à remonter...


Ouf c'est la sortie on se sent mieux...
   Bilan des courses : il nous faudra revenir avec de quoi agrandir la chatière pour accéder au puits remontant à grimper et ne pas oublier notre gamate.

                                                                                         Thierry, Pat

lundi 2 septembre 2019

Samedi 24 août


Grotte de Rochepierre  ( Sanilhac )

( Caroline Charron, Claire Goudian, Pascal Mao, Serge Caillault, Benoît Desnos, Mathieu Berger, Jérôme Jouret, Pat Génuite )

     Il y a deux mois, outre le travail sur les pertes, nous avions posé des fluocapteurs dans la rivière et reconnu une partie de l'affluent des Moustiques ( voir CR du 16 juin ).
     Nous sommes nombreux aujourd'hui devant l'entrée de la grotte et ça tombe bien car nous avons de multiples objectifs.
     Profitant de la sécheresse, nous prévoyons d'effectuer la topo de la galerie Blanche et de l'affluent des Moustiques ainsi qu'un reportage photo.
     Pour ce faire, nous nous sommes offerts les services d'un maître es photo en la personne de l'inoxydable Serge Caillault qui a fait le déplacement avec ses précieuses malettes.
     Après s'être répartis les kits, nous nous suivons à la queue leu leu pour affronter le long réseau d'étroitures de l'entrée. Quelquefois à genoux, souvent allongés, nous progressons à un rythme de chenilles processionnaires. 
    Bonne surprise : la première voûte mouillante est à sec aujourd'hui ( ce qui est rare à priori ). La seconde, par contre, est bien remplie et personne n'échappera à un bain forcé.

Réseau d'entrée : une des flaques en amont de la seconde voûte mouillante.
     Après plus d'une heure d'intense reptation, nous arrivons enfin à la salle Amie Cale où nous enfilons des vêtements secs et apprécions des volumes de galerie plus sympathiques. 
     Nous filons tous vers l'aval pour déambuler dans " les Grands Boulevards ".

Départ vers les Grands Boulevards en quittant la salle Amie Cale.
     Après la pose repas, les équipes se forment. Serge fait son casting : Caro et Claire sont réquisitionnées comme mannequins assistées de Pascal; Jérôme et Benoît entament la topo de la galerie Blanche tandis que Mathieu et Pat repartent vers l'amont pour topographier l'affluent des Moustiques. Pour ce dernier, il est décidé de le remonter jusqu'à ses extrêmes amonts pour démarrer les mesures.
     Quand ils auront fini la galerie Blanche, Benoît et Jérôme les rejoindront en commençant les relevés à partir de l'aval des Moustiques.
     Bien sûr l'affluent est étroit, bas de plafond, quelquefois aquatique et présente de multiples départs. Nous avançons doucement; les heures s'égrènent; le froid se fait sentir et la tremblote commence sérieusement à affecter la prise de notes...

Petite pose dans l'affluent des Moustiques.
     A un moment, nous partons en reconnaissance dans une branche fossile qui n'en finit pas quand j'entends Mathieu me dire, du haut d'un ressaut :
" Pat j'aperçois ton slip en bas..." 
Je me pose des questions : est-ce le froid et la fatigue qui lui donnent ce genre d'hallucination ?
     Mais non, il a raison... Nous venons de faire une grande boucle qui jonctionne avec la salle où j'ai tenté naïvement de faire sécher ma lingerie fine.
     Nous faisons machine arrière et reprenons nos mesures. Le temps passe. Nous avons hâte de pouvoir finir et faire la jonction avec l'autre équipe quand nous tombons sur un "scotchlite" que nous avions laissé à l'aller. Il a, entre temps, été numéroté et déplacé. Aléluia ! la jonction topo est faite et nous en avons enfin terminé.
     Le timing est parfait car l'équipe photo vient juste d'entamer sa remontée lorsque nous rejoignons Jérôme et Benoît dans la salle.
     Nous réorganisons les kits afin de pouvoir ressortir les restes de la ligne téléphonique abandonnée dans les années 80. Mathieu s'occupe des vieux tourets et Jérôme ferme la marche en récupérant le fil. Nous le voyons ressortir avec, accrochée à son baudrier, une ribambelle de câbles qu'il tire derrière lui comme un bagnard son boulet.

     Serge a pu nous concocter de beaux clichés et plus de 900 m de topo auront été levés durant cette sortie. 

La fin des Grands Boulevards. Photo Serge Caillault.

     Deux points d'interrogations seront néanmoins à revoir dans l'extrême amont de l'affluent et il nous faudra encore attendre les données des fluocapteurs pour savoir si, oui ou non, l'actif de la perte transite par la grotte.

Jolie trémie obstruant l'un des terminus de l'affluent des Moustiques.


                                                                                        Pat 

dimanche 1 septembre 2019

16 juillet, 11 & 26 août
Michel, Thierry, Gilles 
31 août
Michel, Pat, Thierry
grotte de la VIEILLE

Cette année, l'étiage prolongé autorise les travaux entrepris sur le long terme dans la cavité. Après la pose de marches et une nouvelle sonde reefnet, l'objectif consiste à éliminer les étroitures rebutantes du secteur de l'échelle jusqu'à la salle des Crêpes.
La sortie de l'Echelle n'a plus rien à voir avec le conduit supporté de 1995 à 2001.

La fameuse échelle décisive pour s'extirper de la coulée glaiseuse qui suit, toujours utile aujourd'hui.
Le secteur de l'Echelle n'est aujourd'hui plus qu'un mauvais souvenir, même si le passage reste particulièrement boueux.

Les derniers déblais ...


La suite devient de plus en plus gadouilleuse car plus humide jusqu'à la remontée vers la salle des crêpes.
Le pendage a provoqué l'effondrement de la voûte laissant juste le passage pour accéder à la suite en bas à gauche.

Le fameux passage sous trémie.

L'accès à la fameuse salle se retrouve colmaté par les crues, notamment celle de 2002, et a demandé un sérieux déblaiement.

La sortie dans la fameuse salle.
Au centre, on distingue l'amorce du boyau 97 qui permet l'accès au réseau Ericka si l'on évite la salle des Crêpes ; ce secteur fera l'objet de travaux futurs si le terminus de la salle ne cède pas.

Le terminus de la salle est une trémie complexe d'où sort 1/3 du courant d'air total du trou accessible aussi, mais de manière plus complexe par le boyau 97.
Retour après 5 heures d'efforts soutenus mais déjà les objectifs 2019 sont quasi atteints.
Pat (photos), Thierry (texte)

dimanche 25 août 2019

31 juillet, 6/8/16 août

Grotte du Gadret

Thierry

23 août

Pat, Thierry

En raison de niveaux exceptionnellement bas, je décide de reprendre la grotte du Gadret explorée par le S.C. Joyeuse en 1982 et que nous avions revue en 1996 et 2000. Persuadés d'une suite importante en raison du courant d'air quand elle se désamorce, j'ai décidé de refaire intégralement la topo (l'ancienne étant par ailleurs bonne mais sans cote d'altitude) et de reprendre les explos. Elle offre un parcours soutenu dans une ambiance magnifique mais "combivore" !
La grotte de la Chaise est une entrée supérieure plus vaste que les deux autres petits orifices au ras de la falaise ; toutes peuvent résurger comme absorber les eaux de la Baume.
La 1ère partie jusqu'à la grande salle est agrémentée de quelques passages étroits qui peuvent s'ennoyer à la moindre pluie barrant la route au retour.
Le point le plus névralgique est un profond gour dans lequel on s'introduit pour remonter aussi sec dans une grande salle ; c'est le point bas du trou dont la sortie avait demandé une nouvelle désobstruction en 1996 car le passage s'était recalcité depuis les explos de Joyeuse !
Après la grande salle, où l'on évite un P9 par un shunt, la galerie est plus confortable et les remplissages allogènes omniprésents.

La grotte offre un contraste saisissant entre la roche sombre et la clarté des gours (vides ceux-ci).
 Puis, la suite de la cavité est beaucoup plus engagée et se présente comme une diaclase rectiligne sur plusieurs centaines de mètres dont la base est de plus en plus envahie par l'eau vers l'amont et le sommet impénétrable ; parfois, il y a l'opportunité de progresser au milieu mais ce n'est jamais reposant.



 La diaclase est agrémentée de nombreuses cheminées à l'origine de nombreuses coulées stalagmitiques mais ce sont celles qui en sont quasiment dépourvues qui sont les plus intéressantes et devant être redoutables en crue !
Le lessivage et les marmites du conduit de la cheminée ne laissent aucun doute sur la situation en crue ... sauve qui peut !
Les remplissages allogènes sont la marque du trou et présentent toute la gamme de granulométrie, du sable aux gros galets. Différentes phases de comblement, reprise d'érosion sont clairement visibles.

Galets ayant servi de base à la constitution d'un premier plancher, décapé à sa base et repris par un concrétionnement sporadique depuis.


Reste de plancher stalagmitique ayant survécu aux crues et à quelque imbécile qui a tenté de le casser.
Les conduites forcées sont rares comme ce siphon temporaire à demi-comblé de sables et graviers recouverts d'une fine couche de boue due à la dernière mise en charge.
Le développement topographié est pour l'instant de 1050 m (- 11/+ 47). 
Explorations en cours.

Pat (photos), Thierry (texte)