mardi 11 décembre 2018

Jeudi 6, vendredi 7 décembre


Grotte de la Madeleine ( St Remèze )

( Louis Sembel, Stéphane Jaillet, Stéphane Tocino, Judi, Pat )

     Dernière étape de nos relevés topographiques en complément des acquisitions Scan 3D réalisées par Stéphane Jaillet du laboratoire Edytem.
     La matinée est consacrée au bouclage de la galerie supérieure.

Baume Lescure : accès touristique à la grotte de la Madeleine.
     Après avoir rejoint notre dernière station topo, nous descendons le P10 qu'un équipement en vire permet de contourner pour poursuivre la galerie.

La vire au sommet du P10.
    Celui-ci nous dépose dans une belle galerie concrétionnée dont l'extrémité se termine par un boyau colmaté.



   Sur le côté, légèrement en hauteur, on distingue un petit col argileux qui donne sur un nouveau puits équipé en fixe.

Le col surplombant le puits gazé.

     Les mesures de notre détecteur de gaz indiquaient 1,6 % dans la galerie, mais au premier palier du second puits, les leds rouges de notre appareil se mettent à clignoter et le taux monte rapidement à 4 %. Nous effectuons les visées nécessaires mais n'insistons pas trop dans les passages étroits sous jacents... Curieusement, nous n'avions jamais été incommodés par le CO2 dans les autres parties de la cavité; il semblerait qu'une poche résiduelle de gaz stagne à cet endroit seulement.
     De retour à notre vire de départ, nous poursuivons dans la galerie sup et retrouvons la salle aux grandes stalagmites argileuses.

La salle aux grands sapins d'argile













     Mais aussi notre bel os énigmatique en attente d'identification pour arriver finalement en balcon au sommet de la salle des Bassins après en avoir fait le tour complet dans les hauteurs. Là encore nous découvrons des équipements mastocs des années 60 toujours en fixe...

Arrivée en balcon à 20 m de haut au sommet de la salle des Bassins.
     Encore quelques levés dans des réseaux annexes et nous en avons terminé avec la galerie supérieure dans laquelle nous avons levé plus de 500 mètres de conduits.
   Il est 14h30 et nous rejoignons en surface l'équipe Scan déjà attablée.
     Pour l'après-midi, Judi étant occupé à guider 4 étudiants qui ont proposé un projet de nettoyage de la cavité, c'est Stéphane Tocino qui prend le relais et m'accompagne pour la suite de la topo.
     Nous laissons l'autre Stéphane à son Scan3D et partons à l'extrémité de la galerie latérale dans le prolongement de la Baume du Filleul.

89 séances de Scan dans la journée, des millions de points d'acquisition...                                     ( J'ai l'impression d'être au moyen-âge avec mon petit crayon. )

     Nous avons pris un bout de nouille car il y a un puits à descendre. Un gros "nat" en hauteur une petite "dév " et nous atterrissons en bas de ce puits bouché de toute part.  

Stef a repéré un départ en hauteur... Le pas est délicat, pas de perfo et pas beaucoup de temps... Il faudra revenir...
     Topo, déséquipement et nous repartons en direction d'une galerie latérale de la baume du Filleul trop exigüe pour le Scan. Après avoir récupéré la clé et ouvert la trappe de fermeture, nous descendons les marches taillées dans la roche pour rejoindre la galerie inférieure.
La trappe qui condamne l'accès par la baume du Filleul.
    Un méandre perpendiculaire débouche sur un conduit parallèle dont l'extrémité amont a fait l'objet d'une désobstruction détonnante qui donne sur une micro salle comblée. De retour sur nos pas, nous poussons plus loin dans la galerie et mettons le nez dehors dans le porche d'entrée de la Baume du Filleul. Nous en profitons pour aller jeter un coup d'oeil rapide dans une autre petite grotte située en contrebas qui possède un plancher stalagmitique particulièrement imposant.

La petite baume sous l'entrée du Filleul et son colossal plancher suspendu.
     A la fin de cette première journée, Judi reprend le flambeau et m'aide à terminer une galerie parallèle à la salle du Chaos. 

     Le lendemain matin nous nous remettons à l'ouvrage et grimpons dans les hauteurs pour finaliser quelques bouclages. 

Surplombant le puits, l'échelle est posée en appui sur le rebord du remplissage et fixée par un seul pied...                                  Vas-y Judi... moi  j'attends ici...

En même temps les amarrages c'est vraiment du gros calibre... 


     Vires aériennes, amarrages folkloriques et équipements  antédiluviens sont encore au rendez-vous mais heureusement tout ça a été doublé et sécurisé de main de maître et nous pouvons effectuer nos dernières visées acrobatiques en toute sérénité...   




                                                                                                          Pat

     

mardi 20 novembre 2018

Dimanche 18 novembre


Aven Gessi  ( St André de Cruzières  )


( Thierry, Jérôme, Pat )

     Jérôme ayant eu des exigences particulières pour la sortie de ce week-end ( du beau, du grand, du propre ! ), Thierry tente sa chance en proposant une visite de l'aven Gessi que lui avait recommandé Michel Chabaud. La topo n'ayant jamais été publiée, nous disposons de peu de renseignements sur cette cavité appartenant au réseau sud de la Claysse ( Gessi, Niélou, Bourbouille). La lecture du Spéléo n°84 et un échange épistolaire avec Michel permet d'en savoir un peu plus. Le trou exploré dans les années 90 par l'ASBE de Barjac développe plus de 2000 m pour une profondeur de -110 m.
     Possédant les coordonnées GPS, nous trouvons l'entrée sans trop de difficulté au milieu des genévriers.



     Ne sachant pas ce qui nous attend après le premier puits, nous emportons 130 m de corde pour équiper les toboggans.


Le départ du puits désobstrué qui mériterait une petite purge...
    Jérôme nous concocte un bel équipement pendant que, derrière, Thierry et moi, comme d'habitude, médisons sur les absents. 


Passée la première déviation à mi-puits, le CO2 est déjà présent.
    En attente au bas du P23 nous ressentons déjà les effets du CO2. Jérôme, parti équiper le puits suivant, est obligé de remonter car la suite n'est pas là.


La suite n'est pas là, c'est bouché... il faut remonter.
     En fait, il faut emprunter un boyau boueux en hauteur pour accéder au départ des toboggans.


La suite c'est par là...
    Nous commençons à descendre en espérant que la teneur en gaz n'augmente pas. 


Au départ des toboggans quelques bouquets d'excentriques...
bien pratiques pour s'accrocher...


     Rapidement nous rencontrons les équipements en fixe datant de 1990. Les plaquettes artisanales longues de 10 cm sont bien rouillées, quant aux cordes, on va dire que la gangue de boue a dû les protéger des UV et du vieillissement... 


Une corde n'est pas inutile car ça glisse et le pendage est important.
    Ces toboggans sont bien boueux mais très beaux : il forment des conduites forcées inclinées très esthétiques.



     Arrivé devant une trémie, je suis obligé de faire une pause pour reprendre mon souffle. Je m'inquiète pour la remontée et ferais bien demi-tour. Mais mes compagnons, moins sensibles ( ou mieux entraînés... ), sont partis devant en galopant. Tant-pis pour mes petits poumons; je les rejoins en tirant la langue et en soufflant comme un phoque.



     La fin des toboggans nous amène dans une zone plus complexe aux multiples départs. L'un d'entre eux débouche au pied d'une salle broyée sur une faille où l'on peut observer un remarquable plissement des strates. 


A gauche du plissement, les lucarnes atteintes en escalade.
    Deux escalades en fixe partent de cette salle. Nous nous rabattons sur un départ latéral pentu où nous ne tardons pas à entendre le murmure d'une rivière. Elle coule sur une dizaine de mètres entre deux siphons.


Siphon amont...
Siphon aval...
      Il a pas mal plu ces derniers jours et la cavité est en petite crue ce qui nous vaut un joli débit de 5 à 10 litres seconde.
     Mais c'est l'heure du déjeuner et nous remontons faire une pose dans un coin de la salle. 

On respire mieux quand on ne bouge plus et l'appétit revient peu à peu...

     Nous avons gardé pour la fin un petit départ équipé d'une corde à noeud. 





     Un petit passage bas humide et là surprise et changement d'ambiance... Nous tombons sur un méandre de calcaire gris bien lessivé au fond duquel nous retrouvons notre rivière. 







     C'est magnifique, on se croirait dans le Vercors ! L'actif cascade sur des coulées oranges et nous descendons par crans successifs pour déboucher dans une grosse galerie cylindrique. Bien sûr le bon matériel photo est resté en haut dans la salle...


L'arrivée dans la grosse galerie.
     Vers l'aval, une longue main courante au dessus d'un lac conduit à la suite de la rivière, mais vu le niveau d'eau aujourd'hui il faut se mettre à l'eau et se mouiller jusqu'au ventre; nous hésitons car les traces de mise en charge montent très haut et nous ne connaissons pas l'étendue du bassin versant ni les réactions de l'actif après ces pluies.


Au bout de la galerie, un cran de descente menant au lac. Sur les côtés, les dépôts d'argile liés à une mise en charge du passage.


Le lac qui doit siphonner en grosse crue et sa main courante.
    Jérôme se lance et part jeter un coup d'oeil rapide. La suite est superbe. Mais à son retour nous décidons prudemment de rejoindre la surface.
    La remontée s'effectuera sans problème malgré mon rythme de progression escargolesque et le palpitant en sur-régime...



     Cette grotte peu connue et peu visitée mérite le détour malgré la boue et le CO2 car les toboggans et le morceau de rivière sont vraiment très sympa. Dommage que les explorateurs n'aient pas encore publié leur belle découverte. 
     Après avoir rejoint notre véhicule, nous allons repérer plus bas l'entrée de l'aven Niélou qui correspond à la suite aval du Gessi. Il reste une centaine de mètres entre les deux cavités qui butent respectivement sur une trémie ventilée et un trou souffleur... Nous espérons bien pouvoir le visiter lui aussi à l'occasion.


D'après M.CHABAUD in Spéléo N°84 décembre 2013


                                                                                         Thierry, Pat
  

lundi 5 novembre 2018

Samedi 3 novembre


Secteur Ranc des Biols  ( Joyeuse )

( Michel, Thierry, Pat )

     Au programme de cette journée, seconde visite et topo de cavités repérées par Thierry et prospection. La piste d'accès étant dorénavant interdite, nous prenons l'autre itinéraire qui surplombe la Baume. Nous empruntons le tank ( pardon, le Land-Rover ) de Michel qui nous fait goûter la qualité de ses suspensions en roulant à tombeau ouvert sur la piste chaotique... Bien évidemment, sur la vire escarpée, nous tombons nez à nez avec un quarteron de chasseurs en goguette peu enclin à reculer ce qui nous oblige à une longue marche arrière exécutée de main de maître par notre chauffeur.

     Nous nous rendons d'abord au RB3 où Thierry avait repéré une lucarne dans le P13.


Le sommet du P13.
Le P13 vu d'en haut.
    Cette dernière est facilement atteinte par un petit pendule mais elle est en partie obstruée par un coulée.


La lucarne avant...

La lucarne après... encore trop étroite...
     Ayant oublié la massette, je n'ai qu'un marteau pour agrandir le passage, ce sera insuffisant pour pouvoir élargir la chatière derrière laquelle on  aperçoit une suite... En bas du puits, le méandre ventilé remontant est lui aussi trop étroit.


Le méandre amont : ventilé mais "strech"...
     Nous découvrons un autre trou : le RB9. C'est un entonnoir dans le lapiaz. Une désescalade nous amène devant un soutirage impénétrable qui descend de quelques mètres.
     Non loin de là c'est la découverte du RB10 où l'on descend une grande diaclase spectaculaire par un toboggan très incliné jusqu'à - 12 m. 
Entrée du RB9.

Au sommet de la grande diaclase.
Le fond est totalement bouché et deux lucarnes atteintes en escalade ne donnerons rien.

    Nous terminons la matinée au RB2 qui démarre par un ressaut de 3 m aboutissant après une étroiture en L à un couloir terreux parsemé de petits os et d'un crâne de marcassin. 


Crâne de marcassin : les incisives inférieures ne sont pas encore très développées...
     Un second ressaut donne sur un départ vertical impénétrable en pleine roche sous lequel on devine un puits ( pas très large... ). Au retour, en repassant l'étroiture, mon oeil est attiré par une série de petits cercles concentriques sur la paroi dont je n'ai pas su expliquer l'origine...
     
Curieuse forme de cercles concentriques sur la paroi.
     Retour au Land et restauration; puis départ vers les amonts du Réméjadou. Le but est de descendre l'aven des Trois Diaclases que nous avions pointé en avril dernier. Amarrage sur un arbre, spit vite planté à la lèvre du puits et j'atterris 10 m plus bas sur un sol terreux sans continuation. 


Trois diaclases : les deux départs de puits coalescents.

Soutien moral...




     C'est la tragique destination de deux chiens qui ont fait le plongeon et dont il ne reste que les deux crânes. 



     Le dernier aven ( FM5 ) a été repéré et descendu récemment par Thierry. Il s'était arrêté à - 8 devant un départ de puits très étroit mais avait fait demi tour à cause de la présence de CO2.

FM5 : départ du premier ressaut à travers les blocs moussus.
     Nous équipons le ressaut d'entrée, mais nous ne sommes pas les premiers car nous découvrons 2 spits au départ du puits et des traces de désobstruction.


FM5 :  descendeur en bout de longe au départ du P15.
    Je descend prudemment le puits ( 15 m ? ) au départ effectivement très étroit. A mi parcours, je purge une trémie suspendue au niveau d'un petit pont rocheux. A cet endroit le CO2 commence à se faire sentir. Après un rétrécissement en entonnoir, je débouche au sommet d'une petite salle concrétionnée. Mais je n'ose pas descendre jusqu'au fond car une soudaine suée m'avertit d'une forte concentration de gaz. Je vois au bas de la salle une planche retenant un éboulis : traces de désob. Conversion et remontée plan plan. Il faudra revenir en hiver munis d'un détecteur...





                                                                                         Thierry, Pat