lundi 18 juin 2018

Jeudi 14 juin


Grotte de St Chamond  ( Labeaume )

( Thierry, Pat )

     Cette grotte connue de longue date, a été retrouvée par Thierry vendredi dernier et retopographiée dans la foulée sur 210 m. L'ancienne topo succincte réalisée en 1970 par la MJC Givors présentant quelques lacunes.
     Nous nous retrouvons cet après-midi pour revoir quelques départs et faire des photos.



L'ancienne topo assez schématique de Givors.

La cavité possède trois entrées, la principale est bâtie, la seconde est impénétrable et la troisième a été murée.
     Passé le porche d'entrée, on est immédiatement plongé dans une belle galerie méandriforme dont le sol terreux est parsemé de blocs. La partie supérieure est très blanche et le plafond est orné d'un superbe chenal de voûte très lisse que l'on pourra admirer de plus ou moins loin tout au long de notre parcours.

Certains gros galets de grès au sol témoignent d'un ancien fonctionnement en perte.
Le couloir d'entrée rectiligne.
          A une époque, les sédiments argileux ont rempli le méandre sur une grande partie de sa hauteur. Par endroit, on peut observer des lambeaux de planchers stalagmitiques à des hauteurs différentes témoins de phases de comblement, de concrétionnement puis de reprise d'écoulement . Le réseau a ensuite  vu disparaître son bassin d'alimentation et de nombreux conduits sont trépanés, les racines étant présentes quasiment partout ...


Noter en bas l'ancien plancher stalagmitique.



Une galerie latérale perpendiculaire au conduit principal, où là aussi le chenal de voûte est bien visible. 

     Au bout d'une cinquantaine de mètres, le sol argileux remonte de plus en plus jusqu'à affleurer le plafond ne laissant qu'un boyau en laminoir pour passer.



Les formes très esthétiques de la partie sommitale du méandre.
Le plafond se rapproche...
... pour ne laisser, tout en haut, qu'un passage étroit.
     Heureusement, arrivés au sommet on redescend de l'autre côté pour retrouver une taille de méandre de plusieurs mètres de haut.


Le grand méandre vidé d'une partie de ses sédiments.

     Sur la gauche, un départ étroit vertical est exploré, il bute plus bas sur une coulée latérale qui obstrue le passage laissant deviner derrière une continuation plus large.
     Un peu plus loin vers le fond, une grosse coulée bouche totalement le méandre. Une petite escalade sur le coté en ramonant dans un goulet vertical permet d'atteindre un boyau qui pourrait contourner la coulée mais un plancher stalagmitique suspendu en ferme pour l'instant l'accès.
    En revenant sur nos pas, nous empruntons un pertuis au ras du sol qui nous amène au point extrême de la grotte. C'est un laminoir complètement colmaté par l'argile. Manifestement il a fait l'objet d'un début de désobstruction avec des outils d'une autre époque toujours stockés là : serfouette, boîtes de conserve, pelle de maçon...
     Mais la suite n'est pas là ! Le courant d'air ressenti par Thierry en amont la dernière fois est absent aujourd'hui. De toute manière, il nous faudra revenir mieux outillés pour pouvoir forcer les deux ou trois départs entrevus...



                                                                           Thierry & Pat

lundi 4 juin 2018

Dimanche 3 juin


Grotte des Jarres ( Secteur de Largentière )

( Thierry, Pat )


     Retour dans le Trias avec cette cavité découverte et explorée en 2004 par le S.C.A.  A l'extrémité sud-ouest de la Galerie Surcreusée, l'exploration s'était arrêtée sur un boyau étroit et boueux, mais ventilé, en partie colmaté par les sédiments. Nous partons munis de tout l'attirail nécessaire pour tenter d'ouvrir le passage.

L'entrée fermée par les blocs.

     Le couloir d'entrée, bien agrandi, nous conduit rapidement à une paire de salles d'où part le premier boyau étroit donnant accès à la suite du trou.



     On trouve ensuite un méandre à taille humaine qui se termine par une étroiture verticale en baïonnette difficile à négocier pour les grands gabarits.


     On s'enfile alors dans un laminoir argileux en longeant une longue vasque pour enfin déboucher sur un méandre sur-creusé dont la partie haute forme un large laminoir. 

La partie supérieure de la Galerie Surcreusée.

     On laisse la partie très étroite de l'amont ( Galerie des Blaireaux ) pour rejoindre sur notre droite le départ de la Salle des Marnes.

Le départ qui monte vers la Salle des Marnes.

Au sommet de l'éboulis : la salle.
Pas vraiment solides ces parois.


   Une rapide incursion en nous insinuant dans les deux extrémités ne donne rien; nous constatons que cette salle constituant le plus gros volume du trou possède des parois et un toit dont la résistance mécanique nous semble très aléatoire... Nous abandonnons l'endroit pour nous retrouver, un peu plus loin, à pied d'oeuvre devant notre boyau à désobstruer.
     Assez bizarrement, aujourd'hui le courant d'air à cet endroit est absent alors qu'il était très sensible auparavant. Nous fouillons tout le secteur à sa recherche sans résultats...
    Revenus au boyau, je m'y colle ( c'est le cas de le dire ) en premier pour gratter la boue avec ma petite pelle.

Le départ du boyau à désobstruer.

 Après de multiples allers-retours où je confie ma collante cargaison à Thierry qui en tapisse son alcôve, je suis bloqué par un gros bloc qui bouche la sortie. Je repars les pieds en avant pour essayer de le pousser vers une partie plus large que l'on devine au fond. Il recule et ça marche : me voilà debout de l'autre côté du boyau !

Je vais racheter une nouvelle lampe, celle-ci n'éclaire plus rien du tout !
     J'attends Thierry qui à son tour tente le passage; mais handicapé par sa carrure d'athlète ça coince aux épaules... Machine arrière et retour avec la massette pour casser cette fichue lame. J'observe la scène de l'autre côté et m'aperçois, avec inquiétude, qu'à chaque coup porté, des morceaux de la trémie qui remplit tout le côté du boyau se détachent du plafond. Alerte rouge, on arrête les frais !



      Pendant que Thierry rebrousse chemin et s'extirpe délicatement, je pars seul jeter un oeil à la suite. Au bout de quelques mètres, j'entends un sympathique glou-glou, et je nous vois déjà déambuler les pieds dans l'eau dans un vaste méandre...
     Mais en m'avançant plus loin, je dois m'arrêter sur un passage où il faut se baisser et, en hauteur, sur une trémie désobstruable; mais le bruit d'eau a totalement disparu... Je reviens sur mes pas en ouvrant bien mes esgourdes et découvre, en me penchant au fond du méandre, une minuscule fissure totalement impénétrable d'où émane un aquatique murmure. Déçu, je reviens vers Thierry. Nous sommes totalement trempés et bien refroidis; je repasse le boyau car il est temps de reprendre des forces en nous accordant une rapide collation.  
     Ragaillardis, nous revenons à l'attaque devant le départ du boyau mais nous avons la mauvaise surprise de constater que, durant notre absence, la paroi de la petite cloche, devant ce dernier, s'est en partie écroulée... Ca craint... On déblaie la boue, mais notre ardeur a baissé d'un cran... On discute, on hésite, puis finalement Thierry, courageusement, y retourne avec la massette. Mais après quelques coups, patatras ! le bout aval du boyau recommence à s'ébouler... Prudence étant mère de sûreté, nous décidons d'un commun accord d'arrêter, pour aujourd'hui, nos investigations.
     Sur le chemin du retour, nous fouinons de nouveau à la recherche de notre courant d'air sans résultat hormis un méandre étroit dont la suite nécessiterait d'autres moyens d'agrandissement.

Le méandre étroit où s'enfile un léger courant d'air.

     Après six heures d'efforts, nous ressortons fourbus et recouverts d'un gangue de glaise bien gluante.

Quelques parties décorées vers les salles d'entrée.

     Sur le chemin du retour, en longeant la falaise, nous sommes intrigués par un amas de pierres en paroi qui ne semblent pas être assemblées d'une manière naturelle. On a l'impression qu'elles bouchent et masquent quelque chose... C'est à 4 mètres de haut mais il y a un petit arbre qui peut aider à l'escalade. 

A droite du personnage couleur bouillasse la petite ouverture qui était bouchée par les pierres.

     Une fois là haut, les pierres enlevées, il y a effectivement une petite entrée de trou qui queute au bout de deux mètres. 

Qu'y avait-il de caché dans ce petit trou ?
     Mais qui a pu se donner la peine d'en boucher l'entrée et pourquoi ? Mystère...

                                                    Thierry & Pat

mardi 29 mai 2018

Dimanche 27 mai


Grotte du Fayet ( Sanilhac )

( Jérôme, Pat )

     Sachant que la partie aval était un peu aquatique, nous attendions depuis notre dernière incursion du début de l'année un peu plus de sécheresse pour finir la topo ( Voir CR du 21/01 ).
     Afin de commencer par du sec, nous rentrons par l'entrée intermédiaire. Il nous faut peu de temps pour rejoindre notre dernière station topo dans la rivière, mais il y a plus d'eau que la dernière fois et dès la première vasque de la galerie artificielle je me débrouille pour tremper les bottes. Le courant d'air nous rassure quant à la possibilité de traversée, mais quel niveau d'eau allons nous trouver dans les boyaux de la résurgence ?

Le carrefour de jonction entre la galerie artificielle et la rivière.

     Les visées s'égrainent une à une et au bout d'une heure nous retrouvons notre cairn laissé la dernière fois à la jonction de la rivière et du long bouclage effectué depuis l'entrée. Auparavant, un bruit de chute d'eau nous avait annoncé l'arrivée au bas du P11, bien arrosé aujourd'hui. A son sommet, on distingue une lucarne par laquelle tombe en pluie un petit actif. Nous reviendrons faire l'escalade une autre fois.

Un passage typique dans la rivière : plafond bas, strates écroulées et soubassement marneux.

     La suite devient plus difficile car nous croisons un premier affluent ( actif aujourd'hui ) plutôt étroit et boueux.

Jérôme en action dans le second affluent rive droite.



      Avant d'attaquer le second affluent rive droite, nous déjeunons assis sur une margelle au bord de la rivière. Le zef est frigorifiant et j'inaugure, en imitant Jérôme, ma micro doudoune spéciale topo pour pouvoir apprécier tranquillement mon sandwich.

L'extrémité colmatée du deuxième affluent. Le point topo est là !

Il y a des portions de galerie à taille humaine ...

et même quelques perles...

     Nous nous rapprochons petit à petit de la sortie où nous savons qu'il faudra s'allonger dans l'eau pour faire nos mesures. Mais la chance est de notre côté car les boyaux d'entrée sont bien rectilignes et propices aux longues visées.

Au fond on voir le jour, plus que trois visées...

     Nous retrouvons avec plaisir la grille d'entrée et la sortie derrière laquelle nous attend un chaud soleil printanier.

La porte d'entrée protégeant l'accès à la résurgence captée pour le village.
     Au final, nous aurons topographié un peu plus de 800 mètres de conduits, ce qui correspond très précisément au développement noté au fichier CDS. Cela tenterait à prouver qu'une topo aurait été déjà réalisée ( GSE ou MJC Givors en 1974 ? ) mais malheureusement jamais publiée à notre connaissance.
     Hormis l'escalade au mât du P11, il nous restera encore à topographier la petite grotte d'une cinquantaine de mètres située  au dessus de l'entrée supérieure dans laquelle on rencontre un actif impénétrable qui est certainement l'amont de la rivière du Fayet.

     Pour clôturer nos activités de l'après-midi, Jérôme me montre quelques trous souffleurs attirants et diverses sorties d'eau, objets de futures investigations...







                                                                                            Pat

lundi 28 mai 2018

Samedi 26 mai


Grotte Nouvelle de Vallon

( Thierry, Anne-Marie, Pat )


     Pour nous changer des infâmes boyaux, étroitures et désobstructions en tout genre de nos dernières sorties, et vue la météo peu propice aux réseaux aquatiques, nous partons sur Vallon descendre une jolie classique que je ne connais pas.


      L'entrée au raz du sol se poursuit par un escalier bâti, témoin d'une fréquentation ancestrale. En bas nous découvrons un sac à dos : nous ne sommes pas seuls !

L'escalier des anciens...
      En effet nous rencontrons rapidement une équipe de cinq spéléos d'outre Rhin en train d'équiper le premier puits dans la goulotte...

L'éboulis d'entrée qui se déverse dans la goulotte du premier puits. 

    Sur les conseils de Thierry nous choisissons de partir en vire sur la droite afin de trouver un plein vide plus direct. 



     L'arrivée dans la Salle de la Cathédrale est splendide car nos collègues Allemands sont déjà en bas et se sont disséminés dans tous les secteurs.


Le P26 d'entrée.
La base du puits, point d'arrivée dans la grande salle.
     Thierry nous guide pour nous montrer quelques beautés minérales qui ornent les lieux.



    Curieusement, dans un recoin de la salle, un amas de cailloux glaiseux a été amassé pour combler une cuvette au pied de la paroi... Sont-ce les vestiges de travaux pour un ancien projet d'aménagement comme l'escalier de départ et la barre de fer plantée à mi-puits ? Pourquoi cet endroit a-t-il été bouché ? Un départ vertical jugé dangereux pour les futurs visiteurs ? Bizarre ...

L'énorme stalagmite couchée
     Nous poursuivons notre visite en équipant le puits diaclase de 22 mètres dont le départ se situe au sommet d'un des nombreux éboulis cryoclastiques qui parsèment la cavité jusqu'à la Salle inférieure.


Le sommet du P22.





    Arrivés en bas, nous dévalons un nouvel éboulis de même nature pour nous retrouver devant le dernier R8 que l'on peut shunter par une petite désescalade sur la gauche.  Nous sommes à - 70 dans la Salle Inférieure base de multiples escalades artificielles d'une cinquantaine de mètres permettant d'atteindre le " Réseau Supérieur " qui remonte au même niveau que la Salle d'entrée. Le coin est idéal pour la pause casse-croûte. Une fois l'estomac rempli, nous allons jeter un coup d'oeil vers le départ en baïonnette du réseau de -87. Mais comme nous l'appréhendions, passé le ressaut d'accès, la suite est bien gazée et les effets sont immédiats. Demi-tour en regrettant de ne pas avoir emporté le détecteur de gaz afin d'effectuer une mesure précise.


Topographie extraite de : EXPLOS TRITONS Numéro Spécial. Club Spéléo Tritons. Lyon 1996
    De retour dans la salle d'entrée, nous nous adonnons aux joies de la photo. Au sommet du puits, dans un soudain élan créatif, nous tentons divers essais esthétiques pas toujours bien maitrisés qui s'avèreront, il faut l'avouer, totalement ratés. 

                                                                                            Pat