dimanche 14 octobre 2018

Jeudi 11 octobre


Grotte de la Madeleine ( St Remèze )

( Judi, Pat )

     Dans le cadre du projet de re-qualification de la grotte aménagée de la Madeleine, le laboratoire Edytem de Chambéry a été mandaté pour réaliser un scan 3D de l'ensemble de la cavité. La grotte étant complexe, certaines parties ne sont pas accessibles avec ce type de matériel. 
     Le CDS 07 a donc été missionné pour effectuer un complément de travail topographique des galeries annexes.
     Nous retrouvons au gîte de St Remèze nos collègues Jean-Jacques, Stéphane et Louis qui sont à pied d'oeuvre depuis la veille.

A quelle époque se sont déposés ces sédiments au plafond ? 

     Arrivés sur place, pendant que Stéphane scanne et que nos deux géomorphologues auscultent les remplissages de la grotte, nous fonçons au bout du couloir terminal.

    On se retrouve au pied d'une haute cheminée occupée par une petite tour Eiffel bien rouillée de 10 m de haut, témoignage des installations "lourdes" des premières explorations.



     Une fois l'ascension sécurisée, nous démarrons les mesures. Au sommet, nous découvrons de grosses échelles fixes menant à plusieurs diverticules. Mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises... 
     En hauteur démarre un boyau boueux qui a été entièrement vidé sur une quinzaine de mètres. Au sol court une paire de rails en cornière ( cintrés pour prendre le virage ! ) sur lesquels coulisse encore un pesant wagonnet, témoin d'une opiniâtre désobstruction...
Quelle pugnacité !


     L'extrémité débouche sur une étroiture verticale faiblement ventilée.

Pas très clean cette étroiture verticale... 
     Revenus dans le couloir terminal, nous avisons une échelle fixe en place à 14 m de haut donnant accès à une lucarne bien visible au plafond. Il doit y avoir une suite à topographier, mais le bas de l'échelle n'est accessible que par une escalade délicate. Habile lancé de corde de Judi et le voilà, en un instant, en haut de l'échelle... pour constater à notre grand étonnement qu'il n'y a pas de continuation et que le départ est totalement bouché... Dans le même ordre d'interrogation nous apercevons non loin de là une cloche surplombante au plafond dont la strate blanche porte une inscription : 1963...
   
Quatorze mètres de haut en surplomb : 1963 ! Par quels moyens les explorateurs ont ils grimpé pour atteindre cette cloche ?
Au mât peut-être ?
L'échelle en fixe en haut de laquelle on accède... à rien !
    Après un retour en surface pour un casse-croûte roboratif, nous réintégrons les entrailles de la grotte pour une autre série de relevés dans les galeries anastomosées de la salle du Chaos.

   La grotte est très esthétique et mérite le détour, mais en dehors du circuit touristique, subsiste encore une multitude de câbles, chaînes, cornières et tuyaux en tout genre qui feraient le bonheur d'un ferrailleur et qu'il serait souhaitable de dépolluer.

    Le bilan de la journée est positif : une bonne partie du scan a été réalisé, mais nous avons aussi pu prendre la mesure de la quantité de topo qu'il nous reste à exécuter et il faudra compter sur encore au moins deux ou trois séances pour finaliser le projet...

                                                                                                       Pat

lundi 8 octobre 2018

Samedi 6 octobre


Grotte des Châtaigniers  ( Vallon Pont-d'Arc )

     Profitant des derniers beaux jours avant que la météo diluvienne annoncée ne s'abatte sur nos têtes, je fonce effectuer un raid éclair au fond des Châtaigniers pendant que mon fiston part échantillonner les terrasses du Pont d'Arc.
     Je compte essayer de récupérer les deux sondes Reefnet posées l'an passé ( voir CR du 7/12/17 ). Les pronostics ne sont pas très optimistes car la crue d'août a pu faire remonter le siphon terminal.
     Le trou étant équipé en fixe, il me faut une petite demi heure pour atteindre le fond.
    Un coup de phare en me penchant sur la vasque et je constate avec soulagement que le haut de la cornière est émergé et que je n'aurai pas à me tremper.

Le siphon a retrouvé le même niveau d'étiage que l'hiver dernier lors de la pose de la cornière.
     Je descends délicatement le ressaut d'accès pour ne pas touiller le siphon ce qui me permet de voir sous l'eau la suite qui semble partir à l'horizontale et s'agrandir. 

La photo dans le siphon n'est vraiment pas terrible mais, de visu, une galerie praticable démarre au fond du puits...
     Je remonte en récupérant notre corde équipant le grand toboggan mais laisse le reste équipé car il me faudra encore une ou deux séances pour finaliser la topo.

                                                                                                      Pat 

vendredi 5 octobre 2018

Mercredi 3 octobre


Aven du Réméjadou n° 2

( Thierry, Pat )

     Nous revenons cet après midi avec massette burin afin d'essayer de pulvériser le rebord du gour qui nous avait empêché d'explorer l'amont de cette petite rivière ( voir CR du 01/09 ).  

L'amont prometteur de la rivière derrière le gour ( hauteur 30 centimètres ... )

        L'ancien siphon dont le plafond avait été désobstrué par Thierry n'est plus, désormais, qu'une voûte mouillante formant une profonde baignoire dans laquelle il faut s'immerger complètement pour pouvoir passer la tête

L'eau de la vasque commence à changer de couleur...
     Le rebord du gour forme une arche car le fond a été percé par la rivière.


Sur la gauche, de couleur dorée, le rebord du gour qu'il va falloir attaquer.
     Nous pensons pouvoir facilement le casser mais le bougre est plus épais que prévu. De plus il n'y a pas beaucoup de recul pour frapper correctement et, dans l'eau, nos impacts sont considérablement atténués.
     

Beaucoup de vagues mais peu de résultat...
     Au bout d'une heure après s'être relayés à buriner dans la touille, nous ne l'avons qu'égratigné et notre travail est totalement inefficace.

      Il y aurait bien moyen de passer par dessous en apnée car c'est un peu plus large mais malgré le masque on n'y voit que couic et l'on est pas sûr de pouvoir ressortir la tête de l'autre côté.


A tâtons, la pêche au burin qui, bien sûr, est tombé au fond...
     Complètement frigorifiés nous abandonnons la partie . Notre équipement vestimentaire ( Thierry en débardeur néop et moi en shorty ) est insuffisant. Thierry en grelottant, aura le mot de la fin : " Nous sommes bien deux cons-gelés "...
     

     Nous remontons d'une traite pour nous réchauffer et apprécions, dehors, le soleil bienfaiteur.
    Nous devrons revenir avec d'autres moyens plus performants pour espérer voir la suite ( pas très large à priori... )



                                                                                      Thierry & Pat


     

mardi 2 octobre 2018

Dimanche 30 septembre


Gorges de l' Ardèche

( Thierry, Pat )

     Changement de décor pour ce week-end, nous redescendons de nos plateaux pour nous retrouver au pied des gorges de l'Ardèche  avec pour objectif de repérer et topographier la suite d'une cavité dont Thierry avait levé la topo en 2011. En effet, il a, depuis, mis la main sur une vieille topo inédite d'un club qui a découvert et topographié un réseau inférieur manqué précédemment.

     Garés sur le plateau nous attaquons la longue descente mais nous nous trompons de chemin et plongeons dans une combe raidasse qui nous éloigne de notre point d'arrivée prévisionnel. Au bord de l'eau nous remontons la rive droite chacun muni d'un sécateur car le sentier a disparu, emporté par les crues et dorénavant encombré de ronces et d'embâcles. Nous faisons au passage une halte à une grotte que je ne connais pas. Thierry me propose d'aller jeter un coup d'oeil dans le porche d'entrée et les premiers mètres.  

Le porche d'entrée de la grotte.

Au fond du porche d'entrée, la galerie basse d'accès au fond de la grotte qui peut s'ennoyer lors de crues exceptionnelles comme en 2002/2003 .

     Trois photos plus tard, nous reprenons notre périple dans la bartasse et les lianes épineuses pour enfin arriver devant l'entrée de notre grotte. Casse-croûte réparateur, équipement, et nous entamons la visite. 


 Nous réalisons quelques clichés dans les salles concrétionnées du réseau d'entrée et poursuivons en rampant à plat ventre dans le boyau en admirant le travail de désobstruction réalisé en 1979.

L'une des petites salles concrétionnées de l'entrée.









 L'installation d'une petite échelle facilite la descente dans la salle du Chaos.

La lucarne ouverte en 1979.
Le ressaut de 3 mètres, accès à la salle du Chaos.

Le haut de la salle du Chaos et ses massives coulées brisées par les soutirages.

Au sommet de la salle, le pilier stalagmitique sectionné par le soutirage.
      Nous trouvons aisément au fond le départ du réseau inférieur recherché. C'est un toboggan de plus en plus étroit et vertical où se déverse un éboulis scellé par l'argile.
    J'y passe tout juste les bottes car des blocs coincés obstruent le passage. Nous réussissons avec difficulté à enlever quelques pierres d'autant qu'un halètement accéléré nous averti de la présence de CO2. C'est encore trop étroit mais la suite est bien là car les cailloux y dévalent sur plusieurs mètres. Il faudra revenir à trois avec une gamate pour ré-ouvrir et sécuriser le passage...



     Sur le chemin du retour, en passant au bord de l'eau, je suis intrigué par des remous circulaires qui ne laissent aucun doute : il y a là dessous une exsurgence d'un débit non négligeable qui sort au fond de l'Ardèche.



     D'après Thierry elle ne serait pas répertoriée et il serait intéressant d'aller y voir de plus près équipé d'un masque et d'un tuba...

                                                                                      Thierry & Pat

vendredi 28 septembre 2018

Mercredi 26 septembre


Prospection... ( Secteur de St Alban Auriolles )

( Thierry, Pat )

     Demi journée de bartasse vers un secteur que nous avions déjà repéré. Nous descendons quelques petits trous malheureusement vite colmatés. Seuls trois retiennent notre intérêt.
     Le premier, dit "de la Charogne", nécessite de passer une étroiture dans un couloir descendant qui doit fonctionner en perte. Il a dû piéger un petit mammifère dont le cadavre a parfumé le fond  de son odeur nauséabonde... La suite est colmatée par la terre, mais arrivé au fond, démarre sur le côté, un petit boyau étroit, légèrement ventilé, qu'il faudra revenir voir dans une tenue plus appropriée.

     Le second est une perte qui draine une petite doline dont l'entrée était fermée par un gros bloc.
L'entrée de la perte fermée par un gros bloc...
Vite dégagé...
   Ce dernier est aisément roulé sur le côté et nous passons sous une trémie assez confiants car le grand méandre incliné  qui suit a vraiment une bonne tête... 


      Mais très vite, la vision des brindilles et feuilles mortes collées au plafond calme un peu notre ardeur... Effectivement, le fond est bien bouché et c'est par un soutirage centimétrique que l'eau doit lentement s'évacuer en crue. 

     Le troisième trou est lui plus mystérieux... C'est un méandre peu visible qui s'enfonce au milieu des dalles du lapiaz. Un bloc d'une cinquantaine de kilos tout gélifracté obstrue le passage et semble avoir été coincé là sciemment.
     Thierry arrive finalement à le glisser sur le côté après lui avoir aminci le tour de taille à grands coups de massette.

La descente du ressaut.
     L'étroiture franchie, un ressaut de trois mètres nous dépose sur un amoncellement de bouts de bois en voie de pourrissement. Etrange... car il y en a une bonne cinquantaine et ne peuvent pas avoir été apportés par les crues.
     Je commence à les enlever et les mettre de côté et je tombe sur un gros tas de pierres concassées qui là encore sont d'origine anthropique. J'appelle Thierry à la rescousse et nous commençons, intrigués, à enlever tous ces blocs un à un : il y en a un bon m3.

Dans une alcôve, les morceaux de bois enlevés recouverts par les blocs que nous avons extraits.
     Nous pensons d'abord à une dissimulation de cadavre puis à une cache d'armes de la Résistance et extrayons prudemment les derniers cailloux.  
     Mais nous arrivons au niveau de la terre qui colmate le fond du méandre sans découvrir quoi que ce soit !

La base terreuse du méandre après avoir enlevé tous les blocs.
     Mystère et boule de gomme ! Si cache il y a eu pourquoi avoir remis en place les pierres et le bois après en avoir récupéré le contenu ?


     Quelque chose nous a échappé.
     Si quelqu'un a une explication...

                                                                                     Thierry &  Pat

dimanche 23 septembre 2018

Grande Chartreuse
samedi 22 septembre
Thierry
Petit tour (5 h de crapahut tout de même) en Chartreuse pour évacuer le trop-plein de chaleur ardéchois !
Le point culminant du massif émerge doucement du brouillard


Le Charmant Som offre un superbe belvédère sur une grande partie du massif. Nous recommandons la tomme vendue aux chalets !

869.121 x 3341.828 x 1570 m
Le volet anticlinal de l'arête de Bérard est d'une prospection délicate ; s'y ouvre le gouffre Kriska à la profondeur révisée de 730 m. C'est une cavité mythique qui rejoint le collecteur qui résurge à la Porte de l'Enclos 790 m plus bas ! Peut-être que notre trou souffleur nous y mènera aussi ? 
Mais cela c'est pour l'année prochaine tout comme la poursuite des travaux dans la résurgence ...

vendredi 21 septembre 2018

Mardi 18 septembre


Grotte Peyren ( Sanilhac )

( Jérôme, Pat )

     En mai dernier, après avoir fini la topo du Fayet, nous avions été repérer quelques trous souffleurs dont l'un d'entre eux avait été visité par Jérôme il y a 25 ans. ( Voir CR du 27/03/18 ). 
     Aujourd'hui, partis pour lever la topo, nous nous sommes équipés de néoprènes pour affronter le premier obstacle.


Bon... le masque et le tuba étaient vraiment de trop.
     L'entrée ressemble à un gros terrier de blaireau totalement rempli d'eau mais d'où sort un violent courant d'air froid très motivant. Le premier travail consiste à enlever un maximum de terre pour faciliter l'immersion.




     Jérôme a apporté un tuyau souple de 5 m pour essayer de faire baisser le niveau d'eau mais il se révèle trop court pour pouvoir s'amorcer ( la suite nous montrera que vu le volume d'eau derrière c'était, de toute manière, perdu d'avance...)
     Du coup nous optons pour une topo au retour. Après avoir conditionné le Disto dans un sac étanche, Jérôme s'immerge en premier. A travers le bruit du clapot, je l'entends me conseiller d'ôter le casque et de le prendre à la main... Je me dis que ça ne dois pas être bien large... Effectivement, cette première voûte mouillante est un conduit triangulaire étroit de 30 cm de haut où il faut, de travers, forcer le passage entre les graviers et les arêtes rocheuses. 


La sortie de la première VM. Le bout de ma botte, à droite, donne l'échelle.

     Heureusement, au bout de 7 mètres une alcôve bienvenue permet de lever la tête juste avant de repartir ramper dans une seconde voûte mouillante d'une quinzaine de mètres de long mais un poil plus large.



     La suite est un long méandre où l'on progresse, d'abord à quatre pattes, puis finalement debout au bout d'une centaine de mètres. On poursuit par une galerie de forme rectangulaire où serpente la rivière à travers les blocs. 


La galerie à la sortie du méandre commence à prendre une taille plus sympathique.
     Nous franchissons plusieurs chaos de dalles effondrées et plus on progresse vers l'amont plus la taille de la galerie augmente.


Attention ! ne pas éternuer...
L'un des chaos de blocs qui émaillent le parcours de la rivière.
      Dans la dernière partie on se croirait dans la galerie du Grand Collecteur de la grotte de Sanilhac et l'endroit est de toute beauté. Il nous faudra revenir pour une séance de photos de meilleure qualité...

Une concrétion bizarre... Genre "boursoufflite" ou beignet de calcite ... 

     A 400 m de l'entrée, après une remontée de 20 mètres entre les strates en escalier du plafond et un éboulis de grosses dalles, la hauteur du conduit s'amenuise. Et c'est par une étroiture dans les marnes que l'on débouche dans la salle terminale qui offre un joli volume ( 30 X 20 X 15 ) et de belles couleurs variées.


L'arrivée dans la salle par l'étroiture au ras du sol derrière Jérôme.
     En rive droite, un pissoulet provenant d'une fissure au plafond a recouvert par ses éclaboussures les blocs d'une patine noirâtre qui contraste avec les teintes grises et blanches des coulées qui tapissent les bords de la salle.

     Le courant d'air omniprésent depuis l'entrée devient difficile à détecter à travers l'amoncellement de blocs qui scellent le haut de la salle. Il nécessitera une recherche plus précise pour trouver un éventuel prolongement. Mais l'heure est à la topo et nous entamons nos mesures encore étonnés des volumes rencontrés.


La rivière a érodé la base d'anciens massifs stalagmitiques tombés au sol.
     Quelques heures plus tard, même trempées, nos néop nous isolent encore bien de la fraîcheur ambiante mais nous empêchent de satisfaire facilement un besoin naturel de plus en plus pressant. En atteignant le début des parties basses de la cavité, nous décidons néanmoins de finir la topo et nous mettons le turbo dans les derniers rampings aquatiques au détriment, il faut l'avouer, de la qualité du dessin...


Retour vers la surface en sortant de la première VM. ( Veuillez excuser le flou du cliché dû à la tremblotte de l'opérateur. )
     Après 5h30 de balade, nous émergeons à la nuit de notre grotte bien décidés à revenir avant que l'entrée ne re-siphonne durablement.

    La cavité développe 457 m pour 48 m de dénivelé et la provenance de la petite rivière reste un mystère qu'il nous faudra éclaircir. 
                                                                                      Jérôme & Pat