jeudi 20 juin 2019

Mercredi 19 juin
Plateau des Erges - Vercors
Thierry
Ce mercredi, je profite du beau temps avant les orages annoncés pour aller repérer un trou souffleur découvert cet hiver par Anne-Marie et d'autres skieurs lors d'une randonnée sur les hauts-plateaux du Vercors. Plusieurs trous souffleurs ont été vus dans la neige mais un seul a été pointé au GPS. 


     L'accès par le Serre du Serpent accessible par une route minuscule et superbe que m'a indiqué Anne-Marie écourte largement la marche d'approche.


La morphologie habituelle des karsts forestiers de moyenne altitude.
Le pointage donne sur une zone découverte composée de grandes dalles gélifractées inclinées selon le pendage en vigueur.
La quasi-absence de couverture arborée devrait me faciliter la tâche !

La zone visée curieusement dépourvue d'arbres... Tout au fond, la prairie de Darbounouse.
Malheureusement, au bout d'une heure et demie, le résultat s’avérera bien décevant ; pas la moindre fissure, ni le moindre départ ventilé sur ce secteur. Une recherche plus haut où devaient se trouver les autres trous ne donnera pas plus de résultat si l'on s'en tient à l'itinéraire probable car praticable en ski de rando...
Seule une grotte sera visitée en bordure d'une doline : un haut méandre descendant par crans successifs et bien mondmilcheux , coupé par une étroiture qui permettra de bien me crépir !
Bref, pas de quoi fouetter un chat mais une belle balade tout de même sous un soleil rayonnant !


Le sol mondmilcheux comme les parois est un régal de glissade assurée ! Le gant donne l'échelle.

La cheminée que l'on croise au milieu draine un minuscule actif suffisant pour rendre l'étroiture en aval plus qu'humide...

mardi 18 juin 2019

Dimanche 16 juin


Grotte et pertes de Rochepierre ( Sanilhac )

( Mathieu, Thierry, Judi, Jérôme, Pat )

     Le week-end dernier, Jérôme et Mathieu avaient prévu de poser un fluo-capteur dans l'actif de la grotte de Rochepierre à l'amont des " Boulevards ". Ensuite ils devaient colorer la Perte active de Rochepierre qui s'ouvre dans le ruisseau aérien 350 m en aval.
     Mais la pluie et les orages annoncés eurent raison de leur opiniâtreté et ils se rabattirent sur la désobstruction d'une seconde perte ( non active ) découverte quinze mètres en amont de la principale. Motivés par le courant d'air frais qui en sortait, ils entamèrent une grosse désob et progressèrent de deux mètres. 

     Aujourd'hui, nous sommes trois de plus en renfort et la météo calée au beau fixe. Après s'être signalés et garés au camping, nous nous scindons en deux équipes. L'une ( Jérôme et Mathieu ) s'occupe de la grotte, l'autre de la perte.

     Pendant que Judi effectue une mesure de conductivité en passant à la grotte du Pradal située juste en face, Thierry attaque les travaux d'élargissement du méandre de la perte temporaire qui est certes bien ventilée mais pas plus large que le poing... 

L'entrée de la grotte du Pradal.
La perte ( temporaire ) de Rochepierre.

     Nous laissons Thierry à son dur labeur de mineur et nous partons colorer la perte active quinze mètres plus loin. Cette dernière, s'ouvre juste au bord de la rivière et est en partie fermée par un muret bâti en 1974 par le club de Joyeuse. En effet, suite à l'ouverture de cette perte par le G.S. Exentriques de Givors, toute l'eau de la rivière en crue s'y engouffrait et apportait à la pisciculture de Chamandre ( à 1,8 km au sud ) une turbidité dans les bassins que les truites et l'exploitant n'appréciaient guère.

La perte ( active ) de Rochepierre.
Le muret protecteur.


Dans la perte active.
Injection d'un peu de fluo dans l'actif.
     Après avoir repeint en vert le petit ruisseau souterrain, nous repartons donner un coup de main à Thierry pour évacuer les blocs et les gravats. 


     Nous sommes équipés de gamates ultra plates "spéciales laminoir" dont la faible contenance ne favorise pas le rendement.


     Après avoir dégagé consciencieusement le fond du méandre, nous constatons que nous avons gagné encore deux bons mètres et que la suite est un ressaut défendu par un rétrécissement...
     Mais c'est l'heure de la pose déjeuner bien méritée...

     A l'abri des frondaisons, confortablement installés sur les blocs moussus bordant la rivière, nous nous délectons de la délicieuse bière fraîche apportée par Thierry quand nos deux comparses revenant de la grotte, hirsutes et tout trempés, font irruption dans ce moment de douce léthargie.
     Retour à la réalité : ils ont placé leur fluo-capteur et remonté sur plusieurs centaines de mètres un affluent en rive gauche qui se dirige tout droit vers notre perte, l'actif provenant d'un laminoir impénétrable. Au dessus, un méandre se poursuit mais au bout d'un moment, Mathieu fait prudemment demi-tour craignant de se retrouver de l'autre côté de l'étroiture que nous sommes en train de pulvériser dans la perte... Au retour, ils en profitent pour rectifier définitivement une vilaine chatière sélective poétiquement baptisée : " l'antigro ".

     Une fois séchés, changés et rassasiés, nos deux compères viennent renforcer l'équipe perte qui reprend du service pour évacuer un tombereau de gravats issus de notre efficace désobstruction.


     C'est encore étroit mais Judi arrive à passer et descendre le ressaut. Derrière nous attend une minuscule salle où nous arrivons à tenir à quatre, mais vraiment pas plus. Se présente alors une nouvelle étroiture verticale que Judi arrive de nouveau à franchir. 


     C'est un peu plus large en bas ce qui permet de l'attaquer, à deux, de chaque côté pour l'agrandir. La position pour buriner n'est pas très confortable mais petit à petit, centimètres par centimètres, le passage est élargi et l'on peut s'y enfiler plus aisément.






     En bas, il y a de l'eau et le départ au ras du sol d'un sinistre boyau en conduite forcée à peine praticable. 

La conduite forcée pas très engageante...
    Judi et Jérôme y mettent leur nez et s'avancent seulement sur une dizaine de mètres constatant qu'il se rétrécit de plus en plus et empêche de rejoindre, comme espéré, les galeries de la grotte de Rochepierre .


  


      Rangement de tout notre fourbi et direction grotte du Pradal, juste en face, qui devra faire l'objet d'une future visite. En attendant, nous profitons de notre outillage pour évacuer les barrages de graviers qui obstruent l'entrée et ont fait remonter le niveau d'eau. A cinq le travail est efficace et le niveau baisse rapidement. Jérôme m'invite à le suivre pour vérifier si ça passe. Effectivement il franchit l'obstacle mais le fourbe ne m'a pas tout dit : il faut bien sûr s'allonger complètement dans l'eau et enlever le casque mais il ne faut pas faire de vagues car le plafond est très bas et accrocheur et surtout bien fermer son clapet car ça passe limite juste le nez hors de l'eau... Sachant qu'il y a deux kilomètres derrière ( un peu plus larges à priori... ), il faudra, la prochaine fois, prévoir un rechange pour la suite.

Grotte du Pradal : la suite du laminoir d'entrée.

Grotte du Pradal : la première étroiture donnant accès à la suite de la rivière.
     La fin de la journée se termine devant la vasque de  Chamandre où nous installons un fluo-capteur afin de compléter le traçage de la perte.

Grotte de Chamandre : le siphon d'entrée...
... dorénavant obstrué par des blocs.
Notre fluo-capteur artisanal accroché à la crépine.

                                                                            Thierry, Pat

lundi 10 juin 2019

Dimanche 02 juin
Vercors
Thierry
Dimanche dernier, prospectant en solitaire dans la forêt de la Loubière, je suis attiré par des gémissements bizarres ; au fond d'une fissure de lapiaz, un petit faon piégé ne parvenant pas à s'en extraire ! Un petit coup de main plus tard et la pauvre bête, libérée de son piège minéral, eu tôt fait de prendre la poudre d'escampette plus apeurée par son sauveteur inattendu que par sa situation.
Pour les résultats de la prospection, compte-rendu plus tard quand les cavités repérées auront été reconnues. 

vendredi 7 juin 2019

Mercredi 5 juin


Grotte des Louanes n°1  ( Balazuc )

( Thierry, Pat )

     Sixième sortie pour Thierry dans ce petit trou qui ne se laisse pas faire pour arriver à en lever une topo exhaustive. Nous pensions, la dernière fois ( voir CR du 15 mai ) en avoir fini, mais de retour à la maison, je découvre sur l'ancienne topo schématique du SCAV une indication en tout petit : " vers puits de 19 m ". Ce qui ne manque pas de nous titiller car cela ne correspond à aucun des puits entrevus. 


L'ancienne topo du SCAV et son intrigante annotation.
     Afin d'en avoir le coeur net, étant bloqué au fond de mon lit, ce sera Thierry qui y retournera en solo la semaine suivante et réussira à trouver dans un recoin de la salle concrétionnée le départ indiqué qui nous avait échappé.

     Le soir même je recevais le bilan de ses investigations : 

      " En fait le départ est en hauteur mais bien caché car si c'est la même diaclase que le puits d'entrée une concrétion empêche d'y aller directement.  Suit une petite escalade et un méandre gratonneux bien ventilé  (aval) se terminant dans une micro salle concrétionnée. Précède une cheminée où un pas sur la coulée glissante m'a obligé à un lancer de corde ; arrivé en haut, un puits ! Mais la profondeur modeste fait que ce n'est pas le P19 : équipement puis arrivée dans une petite salle très concrétionnée et où la couleur blanche indique une fréquentation nulle ( pas depuis la 1ère ? ). C'est bouché par là et j'ai perdu le zef  ; en traversant le puits, j'arrive sur un toboggan à  équiper ! C'est quoi cette embrouille ?  J'utilise la corde du puits et le descends : en bas deux départs. D'un côté,  étroiture, le caillou à l'air de tomber dans un puits étroit mais c'est grand au-dessus,  de l'autre étroiture aussi, je lance un caillou : gros boum !!! 
    Il est là le P19 ! Et il a l'air balèze avec du zef s'il vous plaît ! Bon j'ai plus de corde et j'ai un rendez-vous ... 
   Cette grotte ( qui est en fait un aven ) décidément  nous donne du fil à retordre. "

Le départ en hauteur masqué par une coulée.

Au sommet de l'escalade le pertuis donnant accès... 
... à un petit puits. 
En bas du ressaut glissant le méandre et ses deux chatières.
     Aujourd'hui lestés de mon nouveau mini perfo et de suffisamment de corde, nous nous retrouvons rapidement devant les deux étroitures, impatients de voir ce puits. Mais il faut d'abord passer les chatières d'accès. Celle de gauche est plutôt sévère et il faut se déséquiper entièrement pour la franchir.

Oula ! mais c'est pas large ici...
... il vaut mieux tout enlever.
 Ca s'élargit derrière et l'on se retrouve au dessus d'un méandre impénétrable, en continuant au dessus, on débouche sur un soutirage lui aussi impénétrable : la suite n'est pas par là !



     Ré-équipement et plongée dans l'étroiture opposée, beaucoup plus large. Ressaut et méandre s'ouvrant sur un puits.

Le ressaut au dessus du puits.

 Il y a un spit au départ de la verticale que j'arrive à doubler avec un gros Nat.


A l'étage en dessous le sommet de l'escalade au mât.
Le début est étroit mais dès le plein vide atteint, grosse déception : je reconnais sous mes pieds le sommet de la cheminée escaladée au mât il y a trois semaines. Les nerfs ! 
     En tout cas nous comprenons mieux la présence de ce courant d'air.
     Nous repartons alors vers la grande salle et le puits étroit où la corde était trop courte la dernière fois. Aujourd'hui, avec une quarante ça devrait suffire... Le départ est toujours aussi rasqueux. A mi-puits, un spit bienvenu permet de réduire un peu les frottements. Quelques mètres plus bas, j'aperçois, avant d'atterrir, le mousqueton planté dans la boue découvert la dernière fois. La sortie du puits est toujours aussi fastitieuse et le bloqueur de pied se révèle bien utile.

Mousqueton repéré, jonction effectuée...
 Deuxième bouclage réalisé comme le laissait d'ailleurs supposer les derniers reports topo.             
     Dommage que la remontée de ce puits soit si pénible, car c'eût été un accès rapide, surtout sans boue, au ruisseau temporaire du fond.      
     Après avoir déséquipé le puits et la petite escalade d'accès, nous décidons de rejoindre la grande salle en passant par dessus le gros plancher stalagmitique. Et là, nouvelle surprise avec la découverte d'un départ latéral bien planqué débouchant sur un nouveau puits et une galerie en face. Il y a bien un spit pour installer une main courante, malheureusement ce dernier est bien bouché et malgré un bon récurage il sera impossible d'y fixer la vis jusqu'au fond. Doublé par un gros Nat, ça suffira néanmoins pour passer au dessus du puits.

La main courante olé-olé au dessus du puits. 
     En face la galerie concrétionnée se poursuit sur une dizaine de mètres par un méandre étroit qui bute sur un soutirage impénétrable. De retour en arrière, je découvre un second spit plus rassurant et un vieux piton et m'apprête à descendre le puits, mais Thierry qui m'a rejoint en topotant aperçoit au fond une protubérance particulière qui lui rappelle quelque chose... Il retourne alors au départ de l'étroiture avant le toboggan glaiseux de l'escalade au mât et voit passer devant son nez les paquets de boue sèche que je lui balance d'en haut... Troisième bouclage de la journée et fin des opérations pour cette après-midi.   
     Normalement, hormis l'aval du fond, il ne nous resterait plus qu'une dernière lucarne à aller voir. Cette dernière a déjà été atteinte par nos prédécesseurs comme en témoignent quelques plaquettes fixées par des grands clous ( si, si ! ) plantés dans la calcite...

La "grande" salle, point de départ des divers réseaux.

Ca avance doucement... mais sûrement.
                                                                                         Thierry, Pat

   

mercredi 29 mai 2019

Dimanche 26 mai
Multitrous
Gillou et Thierry 
Ce dimanche, en l'absence de notre compagnon de cordée en rééducation, nous partons voir le matin un trou découvert par Gilles vendredi en attendant Judi et sa horde de gamins pour encadrer sur Vallon. Il s'agit d'un petit effondrement mais dans ce secteur rien ne doit être négligé !
Vu comme ça, c'est petit mais les cailloux sont en suspension.
Le résultat sera inversement proportionnel à la rapidité de la désob : au bout de 3 m 50, il faut se rendre à l'évidence, c'est trop étroit et sans courant d'air... On laisse tomber !
Gillou, armé jusqu'aux dents, a tôt fait de nous franchir l'entrée.
Nous effectuons ensuite une courte prospection sans trouver grand'chose de motivant et en profitons pour rendre visite à la grotte des 3 Berge et faire un petit coucou à notre ami Michaël, en espérant bien vite le revoir opérationnel ! On pense à toi très fort Mika !
La grotte de la Petite Pyrale est la 216ème cavité inventoriée dans la vallée de l'Ibie.
Après s'être restaurés, direction la vallée de la Beaume pour aller explorer une cavité en paroi repérée de l'autre rive cet hiver.
L'accès nécessite une petite escalade et je demande à Gillou de m'installer une corde pour la vire d'accès, n'ayant pas ses dispositions chamoisesques en escalade.

Après la vire finalement peinarde bien qu'exposée, une petite grimpette facile.
Suit un beau couloir agrémenté de gours ocres avec perles qui remonte jusqu'à + 12 sur 25 m de distance ; le fond est bouché mais une lucarne à gauche laisse voir une suite pas bien grande.




Bénéficiant encore d'un peu de temps, je propose à Gilles d'aller voir le niveau d'eau d'une cavité que je connais bien et compte reprendre entièrement cet été mais longue à se désamorcer ...
Nous remontons jusqu'au plateau pour redescendre plus en amont jusqu'à la rivière.
L'un des orifices servant de trop-plein aussi bien que de perte à la rivière subaérienne ; gare aux crues ! De toute façon, en étiage extrême, la moitié de la cavité se pratique en néoprène ...
Après un ramping désagréable, où nous parvenons à éviter les quelques gours pleins par un ramping savant, il faut bien se rendre à l'évidence, ça siphonne encore ... Par contre le courant-d'air nous intrigue car les deux orifices sont soufflants ! La source est vite trouvée par une petite lucarne par où circule une bestiole qui a fait son nid douillet. Gillou franchit une étroiture sévère et ressort dehors 30 m plus loin  dans un vaste porche (par rapport aux entrées originelles de la seule topo existante). Je refais vite le tour puis en 1/4h, l'étroiture est agrandie, ce qui évitera le laminoir d'entrée. Une chaise trône même à l'intérieur, que demande le peuple !


Maigres résultats mais journée sympa !